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IFRS et Systèmes d’Information : incidences sur les logiciels de consolidation et de reporting


Rédigé par Vincent ROBERT, Manager Pilotage Financier ITAPOINT le 17 Avril 2006

Un an après l’échéance du 1er janvier et alors même que paraissent les premiers rapports annuels 2005, peut-on considérer que le référentiel IFRS est totalement intégré ? Malgré le millier de projets de conversion menés à bien et les efforts pédagogiques à destination des marchés financiers, la tentation est forte au contraire de dire que tout reste à faire. Ces normes doivent désormais être assimilées lors de toute prise de décision, ce nouveau langage doit donc être pleinement diffusé afin que sa maîtrise ne soit plus limitée aux seuls financiers. Simultanément les apports profondément novateurs des IFRS imposent une remise à niveau des systèmes d’information, au premier plan les logiciels de consolidation.



Une gestion multi-référentiels impérative

IFRS et Systèmes d’Information : incidences sur les logiciels de consolidation et de reporting
Dans le cadre du projet de conversion les groupes sont amenés à comparer des états financiers résultants de l’application des référentiels français et IFRS afin de mesurer les incidences des nouvelles normes. Il résulte de cet impératif que les logiciels de consolidation doivent pouvoir gérer des plans de comptes et des périmètres distincts, procéder à des règles de calculs spécifiques, stocker puis restituer les données issues des différents corps de règles comptables.

Cette coexistence au sein d’un même logiciel peut trouver deux traductions :

• Soit par la mise en oeuvre d’un paramétrage unifié gérant les deux référentiels, ce qui garantit l’unicité des données sources. Les données supportant la totalité des règles de gestion, le risque alors encouru est d’alourdir les temps de traitement.

• Soit par le développement de deux paramétrages spécifiques. La comparaison des données est alors établie au travers d’états de restitution. Cette spécification facilite la maintenance, permet des temps de traitement efficace mais induit une possibilité de désynchronisation des données sociales.

Une présentation économique et multidimensionnelle

Le rattachement des transactions à leur nature économique étant l’un des fondements des IFRS, les états financiers consolidés s’orientent logiquement vers une présentation analytique. Ainsi l’adoption d’un compte de résultat par destination, d’inspiration anglo-saxonne, est recommandée par les IFRS là ou le référentiel français privilégie une présentation par nature. A la classification de résultats d’exploitation, financier et exceptionnel se substituent désormais les notions de résultats opérationnel et ordinaire. Les éléments de bilan quant à eux sont classifiés en fonction de leur rattachement au cycle d’exploitation selon la notion de courant / non courant.

Parmi les évolutions les plus conséquentes, les IFRS imposent avec IAS 14 « Information sectorielle », la répartition des états financiers selon les critères de segments d’activités et de zones géographiques. Cette vision multidimensionnelle permet de mesurer l’exposition aux risques géopolitiques tout en précisant la rentabilité des différents secteurs.

La traduction de cette norme en terme de paramétrage peut prendre deux formes :

• Soit une saisie simultanée par les filiales de leurs liasses sociales et de leurs déclinaisons par secteurs et zones. Les écritures de consolidation sont alors traitées par les équipes du siège. Cette option suppose que les filiales aient une maîtrise suffisante de leurs comptes pour procéder à une analyse en amont et ne pas pénaliser le processus.

• Soit une affectation a posteriori par les filiales de leur contribution aux comptes consolidés: ce choix suppose une communication par le siège aux filiales du détail des écritures de consolidation mais permet un étalement de la charge de travail.

Une évolution des processus

Au-delà de la technique comptable, les IFRS impliquent une adaptation des processus : de multiples normes excèdent en effet le champ de la comptabilité et requièrent des informations d’origine non comptables (juridique, trésorerie…). Pour gérer ces données multi-sources, une collaboration étroite s’impose, qui implique des plans de formation et l’octroi d’accès à des états de saisie et de restitution dédiés.

L’optique des IFRS est également de préciser la lecture des états financiers : à ce titre un nombre conséquent d’annexes est requis. En complément aux états financiers consolidés doivent être produites des justifications sur leurs évolutions. Ceci se traduit par un accroissement des états de saisie et de restitution.
Simultanément, le passage des comptes sociaux aux comptes consolidés s’accompagne de traitements de consolidation additionnels. Les normes portent notamment une attention forte à la revalorisation des actifs (impairment tests, approche par composants…).
Une gestion extra-comptable de ces impacts et le recours aux tableurs, utile en phase de projet de conversion, s’avère risquée à terme (pertes de données, problèmes de version…). L’automatisation de ces normes ne peut toutefois être que rarement standard et nécessite une analyse fonctionnelle forte.

Les IFRS constituent également une opportunité pour l’unification des données comptables et de gestion. Les vertus de l’édification d’un tel système sont évidentes :

• Fiabilisation des données (base de donnée unique),
• Suppression de tâches sans valeur ajoutée (réconciliation d’écarts résiduels…),
• Maintenance d’une application unique, l’infrastructure technique simplifiée, coûts de formation réduits.

L’introduction par les IFRS d’une vision à dominante économique fait en effet tomber les barrières que constituaient les spécificités de la comptabilité française : à l’instar du contrôle de gestion le compte de résultat s’attache désormais aux notions de marges et de rentabilité; la norme IAS 14 retient les mêmes segments d’activité que ceux définis par le reporting. La mise en œuvre d’une telle unification constitue toutefois un projet conséquent pour les entreprises aux structures et activités complexes (entités multi-activités et multi-zones, contrats à long terme…).

Les réponses des éditeurs

Le marché français des logiciels de consolidation statutaire est principalement occupé par les deux éditeurs Cartesis et Hyperion dont les solutions (Cartesis Magnitude / Carat et Hyperion Financial Management) dédiées aux grandes structures sont présentes dans l’essentiel des groupes du CAC 40 et du SBF 120. Ces deux éditeurs opèrent avec des stratégies bien distinctes, voire opposées.

Ainsi Cartesis, société française, intègre à ses offres logicielles une forte dimension de conseil et propose un paramétrage standard IFRS, un support fonctionnel, une veille comptable. Ses produits, aux paramétrages très structurés, sont néanmoins d’une personnalisation qui n’est pas toujours aisée.

Hyperion, groupe américain, demeure concentré sur son métier d’éditeur et propose des outils adaptés tant au reporting qu’à la consolidation. La politique de non-intégration appliquée et l’absence de support fonctionnel impliquent un recours à des cabinets de conseil et d’intégration pour les évolutions de paramétrage. Les solutions d’Hyperion autorisent une customisation complète et introduisent une réelle souplesse, en particulier dans le cadre de reportings unifiés, mais requièrent un investissement préalable fort dans la mise en œuvre du paramétrage ainsi qu’une politique de maintenance volontariste.

D’autres éditeurs, orientés vers les capitalisations moyennes, ont fourni un effort de mise en conformité aux IFRS, en particulier les solutions d’AS Groupe (Global, Reflex) et de Cegid (FCRS) dont les paramétrages couvrent les nouvelles problématiques.

Conclusion

Les équipes des services de consolidation ayant le plus souvent orchestré les projets de conversion aux IFRS, mesurent mieux que quiconque l’ampleur des changements et la nécessité d’adapter leur système d’information. Du fait d’une volumétrie de données accrue et d’un nombre d’intervenants plus conséquent, le paramétrage des solutions sera déterminé, plus que par le passé, par l’organisation des flux d’informations et les particularités fonctionnelles des entreprises.

Téléchargez librement l’intégralité de l’étude IFRS et Systèmes d’information : quels enjeux en 2006 ? www.itapoint.com/event/wp/download_wp_de.html




Commentaires

1.Posté par Grégoire Michel le 27/04/2006 15:33
Je me permettrais quelques légers rectificatifs à cet article au demeurant fort bien fait:

Par ailleurs, le préparamétrage fourni par Cartesis est aux doubles normes Françaises et IFRS et pas uniquement aux normes IFRS. Ce double prémaramétrage permet en particulier de produire sans effort supplémentaire tous les états de passage d'une norme à l'autre. Ce préparamétrage est suffisement complet pour que certains de nos clients l'utilisent tel quel, étant ainsi capables de passer en production en quelques jours.

De plus, ce double paramétrage ne se fait pas au détriment de la performance, le produit Magnitude étant conçu pour traiter les règles de gestion les plus complexes et pouvant sans difficultés consolider 3 ou 4 normes comptables sur plusieurs centaines de filiales en quelques minutes.

Par ailleurs, historiquement, Cartesis a toujours été très proche de la fonction finance, ce qui explique son savoir-faire métier. Mais le paramétrage de ses produits n'est pas compliqué, contrairement à ce qui est dit dans l'article. Au contraire, elle ne nécessite la maîtrise d'aucun langage informatique et peut donc être faite par des spécialistes métier, sans nécessiter le recours à des informaticiens.

Enfin, l'article positionne Cartesis comme un spécialiste du CAC40 et du SBF 120. Or, même si nos part de marché sur le CAC 40 et le SBF 120 sont majoritaires, nous sommes ravis de compter parmi nos clients de plus en plus de sociétés de plus petite taille. A ce jour, plus des 2/3 de nos clients n'appartiennent pas à ces cercles restreints. D'ailleurs, le plus petit groupe qui consolide ses comptes aux doubles normes avec nos produits n'est pas coté et fait moins de 15M€ de CA consolidé.

Bien cordialement,

G. Michel
Directeur Marketing
Cartesis