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Le marronnier du carré magique… où la magie est que rien ne change, ou presque (mise à jour)


Rédigé par le 4 Mars 2014

Après la trêve des confiseurs, la chandeleur et avant les cloches de Pâques, voici venir le temps du carré magique du Gartner concernant les plates-formes de Business Intelligence.
Tableau Software a tiré le premier aujourd’hui, inondant ses prospects, clients, influenceurs de messages mettant en avant l’excellente position de l’éditeur dans l’édition 2014 du carré magique de l’analyste.



Magie... magie...

Superposition des carrés magiques de 02/2013 et 02/2014
Superposition des carrés magiques de 02/2013 et 02/2014
Mais à y regarder de plus près, on constate que les choses ne sont pas aussi simples… Commençons par comparer les carrés magiques de 2013 et 2014. Et oh surprise ! La quasi-totalité des fournisseurs est dans la même case que l’an passé !
On retrouve comme leaders : Tableau Software, QlikTech, Microsoft, SAP, SAS, IBM, Tibco Software, Oracle, Microstrategy et Information Builders, exactement les mêmes que l’an passé. On peut d’ailleurs prédire gratuitement que tous se fendront dans les prochaines heures d’un communiqué auto-glorifiant leur position maintenue comme « leaders ».
Même chose en ce qui concerne les challengers : LogiAnalytics et Birst, comme l’an dernier.

Seuls quelques petits détails bougent : Panorama Software et Alteryx passent de la case « Niche Player » à la case « Visionaries ». Et trois nouveaux font leur apparition : Yellowfin, Pyramid Analytics et Infor ; tous trois dans les vendeurs de niche.
Sachant que pour être expertisé, il faut s’acquitter d’une somme rondelette et récurrente, sous forme d’un abonnement annuel, on comprend l’intérêt pour le Gartner de positionner les petits nouveaux tout en bas de l’échiquier, pour leur permettre de progresser un peu chaque année, justifiant ainsi le renouvellement de leur taxe…

Analyser les mouvements plutôt que les positions

Le marronnier du carré magique… où la magie est que rien ne change, ou presque (mise à jour)
Mais rentrons maintenant dans le détail des « mouvements » des fournisseurs au sein de leur quadrant attitré. Intéressons-nous simplement à celui des leaders.
Voici l’analyse rapide que l’on peut faire, une analyse que vous ne retrouverez sans doute pas dans les communiqués des éditeurs qui se contenteront de tous nous dire qu’ils figurent dans le quadrant des « meilleurs ».
En comparant l’évolution des positions d’une année sur l’autre, on constate que certains gagnent des places (Tableau Software, QlikTech et SAP) et que d’autres en perdent (Microsoft, SAS, IBM, Microstrategy et Oracle).
Le grand gagnant est donc Tableau Software qui progresse de 7 places (sur 10 éditeurs) et le perdant est Oracle qui recule de 4 places.

Alors, ami lecteur, encore une fois, avant de vous baser sur tel ou tel article, telle ou telle analyse, y compris celle-ci d’ailleurs, posez vous les bonnes questions. Qui paie quoi ? Quels sont les intérêts des uns et des autres… en gardant les yeux grands ouverts, vous ferez peut-être quand même de mauvais choix, mais vous en aurez conscience, et c’est le plus important. Mais vous ferez peut-être aussi le bon choix, restons positif ☺

Et n’allez pas interpréter mon billet comme une critique sans recul du travail des analystes de Gartner. Mais plutôt comme une critique de l’usage que l’on en fait, sans lire en détails les commentaires fort intéressants qui accompagnent le graphique. Ne vous contentez pas d’un rapide coup d’œil sur le carré qui n’a rien de magique, allez en profondeur, et vous constaterez que chacun a ses points forts, mais aussi de très gros points faibles.
Pour lire l’intégralité des commentaires, suivez ces liens :
- Carré magique de février 2013
- Carré magique de février 2014




Commentaires

1.Posté par Dataclan le 25/02/2014 11:48
Bonjour,
Je pense que si il suffisait de payer le Gartner pour être premier, les grands groupes informatiques seraient toujours en tête dans un ordre quasi-identique: Microsoft, IBM, Oracle, SAP ... Hors ce n'est pas le cas ici. Le Gartner se base aussi sur des tendances et des retours clients.

2.Posté par Philippe NIEUWBOURG le 25/02/2014 11:53
Oui David, vous avez raison, mais s'il ne "suffit pas" de payer pour être en tête, heureusement, il "faut payer" pour être analysé. Vous le savez très bien puisque vous travaillez chez Tableau... et que Tableau n'a pas été présent pendant plusieurs années...

3.Posté par Laurent le 25/02/2014 16:42
Bonjour,
Bon nombre de Cxx et CIO ne sont plus dupes sur la teneur des rapports du Gartner. Certes il ne suffit pas de payer en abondance .. mais cela est toujours de mise.
Pourquoi les IBM, Oracle, SAP, MS ... ne craignent plus et n'apportent plus autant d'importance au Gartner ... parce qu'à leurs époques, ils ont su mettre la main à la poche .... et avec quel retour sur investissement ... je vous le demande.
Ah j'oubliais, les tendances et retours clients, c'est la seule chose que le Gartner à mis en place ces dernières années pour améliorer se crédibilité .... rien de plus.
Que l'on m'explique comment une entreprise qui fait une IPO de 200 millions de dollars et un CA de 200/300 millions de dollars vaut 6 milliard de capitalisation

4.Posté par Jean-Michel Franco le 25/02/2014 17:54
Tout à fait d'accord avec le dernier paragraphe de l'article. Ce Magic Quadrant est une mine d'informations pertinentes. Je ne suis par contre pas vraiment d'accord avec les critiques du début : dans l'ensemble, les acteurs me paraissent plutôt dans le bon carré au vu du périmètre couvert par leur offres, leurs références, etc.

Mais, là n'est pas l'essentiel ; de mon point de vue, l'important est que ce quadrant illustre une tendance majeure : les courants perturbateurs sont en train de donner une nouvelle impulsion à tout le marché.

Je perçois en particulier trois axes de ruptures qui se détachent assez nettement :
- la Data Discovery et la visualisation de données interactive s'institutionalisent en tant que standards incontournables. Cela ne se ressent pas seulement pour ceux en haut de l'affiche , mais aussi pour ceux moins à l'aise dans ce domaine, et que cela pénalise lourdement. Le Gartner indique du reste que tous les acteurs ont été collectivement retrogradés sur la gauche sur cette édition par rapport à la précédente, car les analystes estiment qu'il y a encore du chemin à parcourir pour permettre le "Data Discovery d'entreprise", simplement, en toute autonomie, mais de manière contrôlée.
- La BI dans le cloud semble (enfin ? ) prête à prendre son envol (la prévision Gartner est la suivante : "By 2016, 25% of net-new BI and analytics platform deployments will be in the form of subscriptions to cloud services" ) . On peut constater ainsi que les deux représentants les plus médiatiques de cette tendance, Good Data et Birst, sont cette année aux portes du carré des leaders, tandis que d'autres comme Microsoft ou Microstrategy bénéficient dans leur positionnement de leur stratégie offensive autour du cloud.
- L'Open Source arrive également en force, avec Jaspersoft et Pentaho, eux aussi tout près du carré des leaders. Cela montre l'importance des aspects coûts : le Total Cost of Ownership revient très régulièrement dans les appréciations - positives ou (plus souvent) négatives - de chacun des acteurs ; mais on peut l'expliquer aussi par la capacité des outils Open Source à s'intégrer à l'existant des entreprises, que ce soit du côté des applications (avec la BI embarquée), ou du côté des systèmes de gestion des données. Car à ce niveau aussi, les choses ont changé : on a cru pendant un moment que la tendance était celle du tout en un, que l'objectif ultime était de proposer une appliance en mode tout en un regroupant hardware, base de données analytiques et outils clients. Mais Hadoop ainsi qu'une multitude de nouvelles option pour la gestion des données, dont beaucoup par un modèle Open source, ont changé la donne.

Autre point notable : il n'y selon le Gartner pas d'acteurs français dans le top 50 de la BI mondiale, c'est à dire ni parmi ceux qui apparaissent dans le quadrant, ni dans la trentaine d'autres cités en fin de rapport comme étant aux portes du ce quadrant.

5.Posté par Thierry Téchy le 25/02/2014 18:21
Twitter
Salut Philippe,

je ne pense pas que c'est payer en soi qui est le trigger, c'est le cercle (vertueux ou vicieux ?) de la demande de conseil aux analystes -> appliquer leurs conseils -> leur monter que cela donne des résultats. Le risque existe, que même si la technologie est bonne, on ne soit pas noté chez eux (à fortiori si on est européen) si on n'est pas client : ils s’intéressent à une boite en fonction du nombre de demandes qu'ils ont de leurs clients : si leurs clients ne sont pas les tiens, tu ne rentre pas sur le radar.
Et donc payer leurs conseils est la seule solution dans ce cas.

Par contre, je pense qu'ils sont suffisamment critiques sur le technologies qu'ils évaluent.

Thierry

6.Posté par Sébastien Cognet le 03/03/2014 09:33
Merci à JM Franco de mentionner les mouvements coté acteurs OpenSource. On nous a suffisamennt indiqué qu'on était pas assez lisible pour que lorsqu'on le devient cela puisse être relevé. Ce que l'on fait du Gartner est autre chose, mais c'est intéressant de les lire comme un baromètre parmis d'autre mais qui a tout de même encore une grande voix auprès des décideurs.
Par exemple chez Pentaho, notre position d'acteur dans l'intégration de données et la visualisation, ne rentrait pas dans les cases des critères de sélection du Gartner. Ils ont un peu évolué sur cela et tant mieux.
Je me plais à dire qu'au temps du Big Data, ces critères se doivent encore d'évoluer et que les acteurs InMemory devront adapter eux leur concept pour passer les demandes métiers.
Rdv en 2015!
Un peu border line, mais intéressant l'extrait du livre référent "The Datawerahouse Toolkit" avec le chap21 signé par Kimball sur le Big Data Analytics.
Quel est l'outil compliant aux critères enoncés? Pas sûr que le Gartner en est une lecture complète.
Bonne semaine

7.Posté par Philippe NIEUWBOURG le 04/03/2014 19:33
La cellule "ombudsman" du Gartner n'a apparemment pas apprécié mon article. Je le prends comme un galon de plus à l'objectivité et au "poil à gratter" qu'est Decideo. Si nous ne faisions que reprendre les communiqués louangeurs des uns et des autres, vous ne nous liriez pas :-)
Comme ils peuvent difficilement empêcher un journaliste de faire son travail, ils ont pointé du doigt le montage illisible des carrés magiques de 2013 et 2014 que j'avais fait à titre d'illustration. Dont acte, j'ai donc remplacé l'illustration par un "message à caractère informatif".
Mais cela illustre bien les méthodes du Gartner si content de vendre des "droits de reproduction" d'études aux petits oignons conçues pour satisfaire les directeurs marketing avides de reconnaissance, moyennant finance.
J'en profite donc pour redonner un petit coup de boost à cet article déjà très lu :-)

8.Posté par Abed Ajraou le 04/03/2014 20:25
Merci Philippe, très intéressant.
Pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus par l'indépendance des analystes, je joins un lien sur une autre analyse qui date de décembre 2013 et place Microstrategy en tête
http://online.wsj.com/article/PR-CO-20131223-903319.html
Chercher l'erreur ...
Après comme tout bon professionnel de la BI, il ne faut pas dissocier l'outil et l'usage ...

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