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Microsoft organise son offre décisionnelle en prévision de la sortie de SQL Server 2005 beta 3


Rédigé par le 11 Octobre 2004

Dès la sortie prochaine de la version beta 3 de SQL Server 2005, les composants décisionnels de l’offre Microsoft auront été renommés, et réunis dans cette nouvelle version. De l’alimentation à la création de rapports ad-hoc par l’utilisateur, la couverture de l’offre décisionnelle de Microsoft se veut maintenant complète. Les partenaires éditeurs restent sollicités pour des applications métier ou des fonctions plus pointues.



Microsoft organise son offre décisionnelle en prévision de la sortie de SQL Server 2005 beta 3
Fin septembre, Bill Baker, le grand « patron » des développements autour du décisionnel chez Microsoft, a présenté les prochaines étapes de la mise sur le marché des derniers mois de travail de ses équipes de développement. Entre nouveaux développements et rachats de technologies, l’objectif est maintenant pour Microsoft de proposer une offre globale, qui se suffise à elle-même, pour constituer un socle décisionnel complet, et conquérir ainsi les marchés encore vierges du décisionnel.

Un DTS nouveau qui réinvente l’alimentation

Au début de la chaîne de valeur du décisionnel, l’outil d’alimentation. DTS, renommé SQL Server Integration Services, a été redéveloppé, et sera inclus dans SQL Server 2005. Parmi les nouvelles fonctionnalités annoncées, on trouve la capacité à extraire des données à la volée d’une source XML ou d’un Webservice, là où de nombreux ETL se limitent aux bases de données. Au-delà des fonctions traditionnelles de transformation que permet un ETL, la nouvelle version de DTS permettra de sélectionner les données en leur appliquant des algorithmes de data mining, dès leur extraction des bases de données source. Cette vision nouvelle qui consiste à introduire des fonctions de sélection dès l’alimentation mérite d’être discutée. D’un côté Microsoft contredit ici le schéma général d’un système décisionnel tel qu’il a été standardisé depuis une dizaine d’années par les utilisateurs. Avec le risque que des données exclues ou modifiées lors de cette phase d’analyse pré-alimentation, soient perdues pour des analyses futures non encore imaginées. Mais à l’inverse, segmenter ou appliquer des méthodes de text mining pour identifier le plus rapidement possible dans le processus décisionnel les données clefs peut se révéler très intéressant pour des applications qui se doivent d’être plus réactives que celles du concurrent. Une idée à suivre…

Objectif temps réel pour Analysis Services

SQL Server Analysis Services reste bien entendu la clef de voûte du système décisionnel de Microsoft SQL Server 2005. L’éditeur en revendique ses triples capacités ROLAP, MOLAP et HOLAP (pour les plus « jeunes » de nos lecteurs qui n’ont pas vécu les combats des débuts du décisionnel, je vous conseille de googler ces trois acronymes, et de vous rapprocher des travaux du Docteur Codd, « inventeur » des règles de l’OLAP), réunies au sein d’un même système intégré. Au menu de la prochaine version, justement un outil pour éviter à l’utilisateur d’avoir à choisir entre ces différentes déclinaisons de la technologie OLAP. « Les fonctions de mise en « cache » des données permettront aux utilisateurs de bénéficier de la performance d’un moteur OLAP, tout en conservant la capacité de travail sur des données temps réel des systèmes ROLAP », précise Bill Baker. Les donnés multidimensionnelles se synchroniseront automatiquement dès qu’une mise à jour des données source aura été détectée.
Analysis Services permettra également la création d’indicateurs de performance au sein du moteur, de règles métiers, et de cinq nouveaux algorithmes de data mining. En revanche, pas un mot sur une évolution de Analysis Services vers un système ouvert à la saisie directe d’informations. Une astuce permet aujourd’hui à des éditeurs comme MIS ou Outlooksoft de gérer des problèmes d’élaboration budgétaire, mais il leur faut apparemment jongler entre les tables relationnelles dans lesquelles l’écriture de données est possible, et les tables multidimensionnelles uniquement utilisées en restitution. Tant que Analysis Services n’aura pas développé cette fonctionnalité, les applications interactives comme le budget, la simulation, l’élaboration de stratégies marketing… demanderont pas mal de « jus de cerveau » de la part des développeurs qui en auront la charge.

Reporting Services s’ouvre aux utilisateurs

Depuis son lancement, en janvier 2004, Reporting Services aurait été téléchargé cent mille fois dans le monde. C’est énorme et très peu à la fois, quand on sait que le taux d’utilisation de ce type de chargement, tout comme les projets Open Source, serait de moins de 10%. Mais Microsoft poursuit sa stratégie, et Reporting Services sera intégré à SQL Server 2005. Mélangeant produits gratuits et services payants, Microsoft intègre peu à peu des fonctionnalités supplémentaires, librement utilisables, et donnant l’impression à l’utilisateur qu’il ne sert à rien de comparer avec la concurrence puisque le produit peut être utilisé et testé grandeur nature, sans frais.
Principal point faible de Reporting Services aujourd’hui, son interface utilisateur inexistante. Le développement de rapports passe par l’utilisation de Visual.Studio, l’outil de développement maison loin d’être à la portée de tous. Pour ouvrir un accès facile et rapide pour les utilisateurs à la création de rapports, Microsoft a racheté la technologie ActiveViews. Cet outil a été redéveloppé ces derniers mois, et fera partie intégrante de SQL Server 2005 sous le nom de Reporting Services Report Builder. Il permettra à l’utilisateur, à partir d’une interface totalement adaptée à l’environnement Microsoft, de créer ses propres requêtes, en s’appuyant sur un dictionnaire de données métier, stocké et géré par Reporting Services. « Cette couche d’accès aux données métier permettra de dissimuler la complexité du schéma de la base de données aux utilisateurs », explique Bill Baker. On a déjà vu cela quelque part… ils appellent cela des « univers »…

Offre globale, offre complète, en quelques années, Microsoft est parvenu à couvrir l’essentiel des besoins des entreprises en matière de décisionnel. La version 2005 de SQL Server et ses nombreux composants décisionnels constitueront l’une des seules offres intégrées décisionnelles du marché, aux côtés de SAS et Oracle. Une question reste en suspens, le coût de ces différents modules. Microsoft a su développer une politique d’acquisition de clientèle par l’usage, mettant à disposition gratuitement certains modules pour en faciliter l’adoption par les utilisateurs. Entre l’alimentation, le stockage, la restitution et les assistants, on surveillera la tarification de SQL Server 2005. Nul doute que les grandes entreprises commencent à considérer Microsoft comme un interlocuteur valable pour leurs projets décisionnels. Mais pour Microsoft, le marché à convaincre est maintenant celui des PME et PMI. Elles sont tout de même environ 20 000 potentiellement concernées, rien qu’en France. Pour presque toutes ces entreprises, il s’agira de leur premier système décisionnel. Microsoft devra les convaincre de l’intérêt de la démarche, et les séduire avec son offre « tout compris ». Ce sera le défi majeur à relever par les équipes Microsoft en 2005 et 2006. Si elles y parviennent, les concurrents actuels de Microsoft devront sans doute penser à leur diversification ! Mais rien n’est encore gagné ; les premiers projets d’outils décisionnels en open source pourraient par exemple perturber cette ambition, si de nombreuses SSII se ralliaient à cette cause. Là encore, Microsoft devra séduire son réseau de partenaires tout autant que ses futurs clients.




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