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Qu'est-ce que la culture BI exactement ?


Manon G. Guillemette, Université de Sherbrooke
23 Janvier 2012

Depuis les deux dernières années, il nous a été donné de rencontrer à plusieurs reprises des gestionnaires ayant participé à des projets BI dans leurs organisations respectives ou encore au sein d’entreprises clientes. À coup sûr, ces rencontres furent de magnifiques opportunités d’échanger sur les enjeux réels liés à l’implantation du BI, que ce soit en termes de facteurs clés de succès, de facteurs de risques, ou encore des impacts de ces technologies sur la performance des individus. Plusieurs sujets « conventionnels » émergent de ces rencontres, dont la plupart concernent les éléments tangibles et directement observables de l’implantation d’outils BI : la gestion des coûts, des échéanciers, les enjeux d’architecture, l’adéquation entre les besoins des utilisateurs et les fonctionnalités des applications BI, etc. Toutefois, un thème particulier se distingue des autres de par son aspect intangible, son caractère flou, voir même sa subtilité. Un concept difficile à définir et encore plus difficile à mesurer, mais qui, de manière unanime, possède une influence marquée sur le déroulement d’un projet BI. Un concept qui, aux dires des consultants en BI, aide à expliquer (en partie) pourquoi certaines entreprises s’approprient efficacement les technologies d’intelligence d’affaires alors que d’autres échouent avec les mêmes technologies. Ce concept, c’est la culture BI.



La conceptualisation de la culture BI

Manon G. Guillemette, Professeure agrégée à l'Université de Sherbrooke (Photo Copyright Salon BI)
Manon G. Guillemette, Professeure agrégée à l'Université de Sherbrooke (Photo Copyright Salon BI)
Notre vision de la culture BI est ancrée dans les travaux de Schein (1985), l’autorité légitime dans les sphères académiques et pratiques en ce qui concerne la notion de culture organisationnelle. Son modèle à trois niveaux présente la culture organisationnelle comme étant l’ensemble des prémisses et croyances individuelles, des valeurs déclarées et des artéfacts (éléments observables tels que les pratiques et structures de travail, les installations matérielles et logicielles, etc.) propres à une entreprise. Appliqué au thème de l’intelligence d’affaires, la culture BI peut être vue comme l’amalgame des prémisses et croyances individuelles, valeurs et artéfacts étant liés au rôle et à la valeur de l’intelligence d’affaires au sein d’une entreprise.

La culture BI serait donc composée de trois niveaux qu’on peut concevoir comme des poupées russes.

• Les artefacts sont composés de tout ce qu’il est possible d’observer, par exemple l’environnement physique, le langage utilisé, les technologies, l’organisation du travail, etc.

• Les objectifs et valeurs déclarées (second niveau) relèvent davantage des stratégies, des objectifs corporatifs ou de la mission de l’organisation. Elles peuvent, ou non, être cohérentes avec les artefacts ou avec les croyances individuelles. En effet, qui n’a jamais été dans une entreprise où la mission de l’organisation qu’on retrouve sur le site web corporatif n’a rien à voir avec ce qui se passe à l’interne ?

• Le troisième niveau, celui des prémisses et des croyances, est inconscient et pris pour acquis par les membres de l’organisation. Les croyances guident toutefois les comportements, les pensées et les sentiments des individus.

Notre étude sur la culture BI

Qu'est-ce que la culture BI exactement ?
Depuis le printemps 2011, notre équipe de recherche effectue une étude académique sur le thème de la culture BI. Dans un premier temps, nous avons voulu définir plus clairement ce mystérieux concept. S’il s’agit d’un facteur critique de succès comme on le pense, il est important de bien définir la culture si l’on veut savoir sur quoi il faut travailler afin de préparer l’organisation à évoluer en BI. Bien connaître les différentes composantes de la culture BI permettra aux organisations de pouvoir agir sur celle-ci, la transformer et la faire évoluer vers une culture propice à accueillir le BI et à en tirer de la valeur.

Nous avons donc entrepris de définir le concept de culture BI en analysant la littérature professionnelle, la littérature académique et plusieurs cas professionnels ayant traité directement ou indirectement de la notion de culture BI. La synthèse de ces écrits nous a permis d’identifier, à ce jour, certaines composantes principales qui, ensemble, constituent notre vision de la culture BI. La figure suivante offre un bref aperçu de notre adaptation du modèle de Schein (1985) à la thématique de culture BI. Toutefois, il faudra attendre les phases subséquentes de notre étude pour révéler les plus fins détails du concept de culture BI.

Les implications d’une bonne connaissance du thème de la culture BI sont importantes. En effet, le concept de culture BI, tel que conceptualisé ici, permet de comprendre qu’il n’est pas suffisant de travailler sur la structure de gouvernance (un centre d’expertise BI par exemple) ou sur les outils d’analyse et à l’architecture BI (tous deux des artefacts). Il faut, en plus de tout cela, s’attaquer aux valeurs et objectifs déclarés de l’organisation pour faire ressortir l’importance de concevoir l’information comme un actif stratégique et mettre de l’avant l’importance de prendre des décisions basées sur des faits. Il faut, en plus, s’attarder aux croyances et aux prémisses fondamentales des individus qui composent l’organisation afin de les amener à endosser ces valeurs d’imputabilité, de transparence, d’ouverture, etc. qui permettent le développement du BI au sein de l’entreprise. Il faut donc travailler à la fois au niveau organisationnel et au niveau individuel. Ce n’est pas une mince tâche. Nous pourrons revenir un peu plus tard sur cette question. D’ici là, vous pouvez utiliser l’espace commentaire de ce blogue pour y publier vos réflexions.

La prochaine étape de notre étude vise à développer un outil de mesure qui permettra aux entreprises d’évaluer l’état de leur culture BI et de voir sur quels aspects il faudrait travailler afin d’amener l’organisation à être prête à utiliser et tirer profit du BI. En ce sens, nous solliciterons les participants du Salon BI de Montréal le 8 novembre prochain pour répondre à un bref questionnaire papier qui nous permettra de fournir aux praticiens un outil de mesure simple, concis et valide scientifiquement pour déterminer la force avec laquelle chaque composante de la culture BI se manifeste au sein d’une entreprise tout en évaluant l’impact de cette culture BI sur le taux de succès des projets. D’ailleurs, le prochain blogue du Salon BI sera publié après le salon et présentera l’analyse de nos résultats afin d’en faire profiter au maximum la communauté professionnelle.

Ultimement, il nous sera possible de développer un modèle de maturité de la culture BI et de proposer de meilleures pratiques en la matière. Nous vous tiendrons bien sûr au courant des résultats.

Olivier Caya, Ph.D., professeur adjoint à l’Université de Sherbrooke et chercheur au Pôle de recherche en intelligence stratégique et multidimensionnelle d'entreprise (PRISME).
Manon G. Guillemette, Ph.D., professeure agrégée à l’Université de Sherbrooke et directrice du Pôle de recherche en intelligence stratégique et multidimensionnelle d'entreprise (PRISME).

Rejoignez sur LinkedIn le groupe animé par Manon G. Guillemette : Stratégie de l'Intelligence d'Affaires

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