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SAP remporte un marché public pour analyser le réseau social des administrations


Rédigé par par IGD le 8 Janvier 2010

Dans le cadre d’un appel à projet « Web innonvant » lancé par Nathalie Kosciusko-Morizet pour faire passer les services publics au web 2.0, SAP a amorcé une réflexion de sortie de crise en imaginant comment l’innovation pouvait être appliquée à une administration. Ce projet doté de 1,3 millions d’euros de budget fait partie du plan de relance du gouvernement. Au menu : analyser le réseau social que constituent les membres de chaque administration et collectivité publique pour peut-être, à terme, espérer améliorer le service au citoyen.



Vincent de PORET, directeur applications financières et développement durable chez SAP
Vincent de PORET, directeur applications financières et développement durable chez SAP
« Mais non, vous n’êtes pas au bon service, je vous passe le bureau concerné ! ». Qui n’a pas eu l’impression face à l’administration « que le monde entier nous envie » comme le déclamait Jean Gabin, de se confronter à des gens qui ne travaillaient pas ensemble, ne se connaissaient pas, ne maitrisaient pas le domaine de compétence de leur voisin de bureau, etc. Le gigantisme et l’enchevêtrement de nos administrations centrales, régionales, départementales et locales, rend délicat le partage de compétences et parfois même le simple dialogue. Heureusement Facebook est arrivé ! Et avec lui et les autres réseaux sociaux, cette capacité à formaliser et fouiller dans une liste de compétences et de connaissances pour déterminer le profil que l’on recherche. Hors de question bien sur d’utiliser Facebook ou tout autre réseau international pour héberger nos centaines de milliers de fonctionnaires et assimilés. Ils méritent bien à eux seuls un projet en propre. C’est dans cet esprit que SAP Research va développer ARSA (Analyse des Réseaux Sociaux pour les Administrations).

SAP research, ce sont quinze laboratoires dont la moitié se situe en Europe, une cinquantaine de chercheurs concentrée à Sophia Antipolis, dont une dizaine de thésards. Y est développée une recherche collaborative mettant en scène des partenaires universitaires mais aussi industriels (IBM, Microsoft, Cisco, Siemens, Bull…). Le projet ARSA (Analyse des Réseaux Sociaux par les Administrations) a pour objectif de « co-innover » avec les clients de SAP, dans une démarche participative, et proposerait actuellement aux utilisateurs d’en tester le prototype, directement téléchargeable en ligne sur leur site.
ARSA est un développement qui s’appuie sur SNA (Social Network Analyzer) un produit initialement développé par les équipes Business Objects pour tester le concept d’application décisionnelle appliquée aux réseaux sociaux.

Bien visualiser, pour mieux analyser :
Le but de ARSA est de fournir une plateforme où il est possible d’appréhender rapidement le réseau social de l’organisation et de discriminer les informations pertinentes pour une tâche donnée. L’ARSA permet de collecter et cartographier des informations de niveaux différents telles que :
- Les relations d’ordre organisationnel, extraites du système de gestion des ressources humaines,
- Le référencement des personnes ayant travaillé sur un projet donné,
- Les interactions et liens collaboratifs entre différents protagonistes, sur le web ou sur le terrain.
Ces données collectées et rentrées dans le système, on peut alors très facilement trouver des informations sur des contacts, comprendre comment les personnes sont reliées entre elles, quelle est l’organisation formelle ou informelle autour d’un projet.
ARSA s’appuie sur une interface graphique de visualisation du réseau d’une personne, des personnes qui lui sont liées et de leur type de relations.


Comment ça marche ?
En pratique, pour faire une recherche au sein de mon organisation, il me suffit de taper le nom d’un projet pour en trouver tous les protagonistes, de sélectionner la fonction de l’interlocuteur que je souhaite contacter pour en voir la fiche, et pouvoir le contacter par mail. Tout aussi simple, la recherche hors organisation fonctionne sur le même principe.

Pour répondre à l’appel d’offres ARSA, SAP s’est entouré de Centrale Paris dont les laboratoires de recherche travailleront sur les algorithmes d’analyse des réseaux sociaux, et de Euclyde, centre de données qui mettra en œuvre l’hébergement de la solution qui fonctionnera en mode SaaS. SAP assure le rôle de coordination du projet.
[Mode alerte syndicale ON] La plateforme est sécurisée, nous assure SAP : tout le monde n’a pas accès à la même chose et le respect des données privées est garanti [Mode alerte syndicale OFF]. Ergonomique, L’ARSA permettra en outre de supporter des standards tels que « Enterprise OpenSocial » promu par Google et pourra être utilisée aussi bien dans l’organisation que via une application mobile.

Pour Vincent de PORET, cette vision globale valorise l’individu au-delà d’un organigramme devenu obsolète, puisqu’elle montre ce qu’il sait faire et avec qui il a déjà travaillé, ainsi que la fréquence des contacts entre les collaborateurs. Cet aspect multi référentiel dévoile une dimension analytique. « Un talent ne peut pas vivre sans réseau, aujourd’hui » : ainsi, cet outil permettrait de distinguer l’individu dans la masse, de repérer le bosseur, le sociable, de pointer le potentiel. A contrario ne sera-t-il pas alors possible de se servir de l’outil à charge ? De détecter le « placardisable », celui qui a des relations avec une brebis galeuse et de le stigmatiser ? Autre travers que nous devrons apprendre à contourner, détecter les professionnels du réseau. Ceux qui ne font pas grand-chose, mais consacrent leur énergie à faire croire le contraire [Je suis sure que vous en connaissez.. dans votre carnet Viadeo par exemple]. Après la machine à café, puis la salle de réunion, l’ARSA sera-t-il le nouvel outil « politique » au sein d’une organisation.

Intégration dans une collectivité locale :
Le premier utilisateur est la ville d’Antibes, « ville moyenne et représentative d’autres communes ». SAP avait déjà testé sur 48 000 employés en interne cette solution. Mais le choix d’une ville comme Antibes permet de se rapprocher des conditions réelles dans lesquelles le produit sera utilisé plus largement :
- Un outil facilement utilisable par les collaborateurs, quelque soit leur maîtrise des outils informatiques.
- La visibilité du fonctionnement de l’administration accessible aux administrés.
- La possibilité d’étudier les tendances de sa communauté (réseaux sociaux, besoins de nouveaux services, caducité d’autres…)

La base de données des profils sera alimentée par l’annuaire, des documents papier, et aura potentiellement des dizaines de milliers d’utilisateurs. « SAP s’engage ici sur les moyens plutôt que sur les résultats » explique Vincent de Poret, conscient que le meilleur outil ne donnera rien s’il est peu ou mal utilisé, et sans doute lucide sur la capacité de notre formidable administration à parfois adopter difficilement certaines évolutions technologiques. Il aurait d’ailleurs été intéressant de recueillir l’avis, en amont, des syndicats dont on connaît le poids et le pouvoir pour soutenir ou casser ce type d’initiative.
On peut, en outre, s’interroger sur l’accueil que vont réserver les principaux intéressés, fonctionnaires des diverses administrations et collectivités, à l’ARSA, quand ne serait-ce que porter un simple badge avec son nom chagrine déjà l’employé lambda qui y voit une atteinte à sa vie privée !

Mais finalement à quel coût pour les administrations et les administrés ?
L'éditeur manque, à ce jour, de transparence ou d’anticipation sur le coût de cette nouvelle solution. Annoncée comme gratuite pour l’instant, la version bêta serait accessible, à n’importe qui, par téléchargement sur le portail principal de SAP. A l’issue de la phase de test, elle sera commercialisée à un tarif et sur des bases encore non communiqués à ce jour. Une question qui intéresse tout de même le citoyen que nous sommes, si nos impôts sont alors utilisés.
Autre déception également, le citoyen n’est pas encore réellement dans la boucle. L’ARSA est pour l’instant présenté comme un outil interne à l’administration qui lui permettra dans un premier temps de mieux travailler. Les améliorations apportées par cette administration 2.0 seront certainement bénéfiques aux « clients » qui ne sont encore que des « administrés », mais on aurait aimé mieux comprendre comment ces administrés pourront dans le futur s’appuyer sur les informations de l’ARSA pour être mieux servis.




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