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Vive le Time Sharing ! 0,12 dollar l'heure de calcul avec Microsoft Windows Azure


Rédigé par par Philippe Nieuwbourg le 15 Juillet 2009

Sincèrement, en créant il y a deux ans le premier musée de l’informatique, je ne pensais pas avoir mis à nu un quelconque concept révolutionnaire. Je pensais me préparer une retraite paisible... Juste permettre aux plus anciens de verser quelques larmes d’émotion à la vue d’une perforatrice pour les plus âgés, ou d’un ZX81 pour de plus jeunes. Et pourtant, le dernier communiqué de presse de Microsoft publié à l’occasion de son événement annuel la Worldwide Partner Conference qui se déroule actuellement à New-Orleans, recèle une pépite que je m’empresse de vous détailler ici.



Un PDP11 sous Unix en 197X...
Un PDP11 sous Unix en 197X...


Vous avez entendu parler du « cloud computing », ce concept successeur du SaaS (lui-même successeur de l’ASP sans aucun changement notable entre le premier et le second) qui consiste à louer l’accès à des ressources applicatives et techniques hébergées sur un serveur centralisé.
Salesforce.com a « révolutionné » le modèle économique du logiciel (pardon du « non logiciel ») en proposant un CRM sur abonnement, sans contrainte et sans engagement. L’idée était de comparer le service informatique au service de l’eau ou de l’électricité, j’allume = je paye, j’éteins = je ne paye plus.

Microsoft va encore plus loin et lance Windows Azure, un service que vous payez réellement à la consommation. Le tarif de Windows Azure est simple... ou plutôt non, très complexe : vous devez additionner 0,12 dollar par heure d’utilisation des ressources de calcul, 0,15 dollar par Go stocké, 0,10 dollar pour 10 000 transactions de stockage, 0,10 dollar par entrée de bande passante (ne me demandez pas ce que c’est) et enfin 0,15 dollar par Go de bande passante... Pour faire du décisionnel ou du stockage de données d’entreprise, vous ajouterez SQL Azure à 9,99 dollars plus les mêmes 0,10 et 0,15 pour la bande passante. Pour les services .NET vous paierez « 0,15 dollar par 100K d’opérations de message, incluant les messages du service Bus et les jetons d’Access »... Voilà qui va vous aider à prévoir et respecter le budget de fonctionnement de votre service informatique, j’en suis sur !
Heureusement le service ne sera pas commercialisé avant novembre prochain... Microsoft a donc encore quelques mois pour vérifier que c’est bien dans cette direction que ses clients veulent aller.

Le rapport avec le musée ? Alors, je vous explique... l’informatique à ses débuts, ne permettait pas à chaque entreprise d’avoir plus d’un unique ordinateur. Et même parfois plusieurs entreprises devaient se partager la même ressource informatique. On louait ou se facturait entre sociétés, le temps machine. Des prestataires proposaient même des centres de données où l’on payait l’utilisation de la puissance de calcul, des impressions, du stockage, à la consommation. On appelait cela le « time sharing » ou « service bureau » en France. Lors de l’arrivée des mini-ordinateurs (Vax, Bull, IBM...) chaque entreprise a pu disposer de sa propre machine et on a bien vite jeté le ringard « time sharing ».
Alors la révolution du « cloud computing » permettez moi d’en rire à gorge déployée !

Allez, comme je suis bon Prince, je vais en profiter pour jouer au devin rétroactif. Pour les prochaines étapes, je suggère deux directions de recherche :
- la première pourrait être le développement d’un terminal simpliste, dont les fonctions seraient réduites au minimum. Il ne contiendrait aucune puissance de calcul, aucun système de stockage, juste un écran, un clavier et les outils logiciels pour se connecter à Internet et au « cloud ». On l’appellerait Network Computer... les plus jeunes taperont ce terme dans Google et découvriront que Larry était un grand visionnaire. En France, comme nous sommes plus intelligents, nous pourrions développer un autre modèle, plus propriétaire, et, je lance l’idée, lui trouver une belle marque... Minitel !
- la seconde viendrait par la suite. Après avoir constaté que ces terminaux « intelligents » qui ne le sont finalement pas, manquaient de fonctions essentielles et surtout qu’ils ne permettent d’accéder à rien si l’on est pas connecté, on imaginera sans doute un système d’allers-retours entre le nuage et le terminal auquel on ajouterait un disque SSD et un processeur puissant. Ce dialogue entre un poste client et un serveur hébergé pourrait s’appeler... client-serveur ! Et zut, je me suis encore fait avoir, Alain Lefebvre avait même écrit un best-seller sur le sujet... c’était en 1880 environ je crois...

10 PRINT « STOP ! »
20 MODE vieux con SET TO OFF




Commentaires

1.Posté par Alain Risbourg le 16/07/2009 10:09
Philippe,
tu as raison au sens ou l'histoire de l'informatique est un perpétuel aller-retour entre le partagé et le dédié, le (système) centralisé et le (ordinateur) personnel, le distant et le local.

Cependant, je pense ( pour avoir introduit le Network Computer en France dans une vie passée, avec le succès tout relatif que tu évoques ;-) ) que le cloud fait du sens notamment pour gérer des traitements qui peuvent être ponctuels mais consommateurs de ressources ( des jobs de simulation par exemple...) ; pourquoi faudrait-il y dédier un système de grande puissance ou, si c'est un système économique, devoir patienter plusieurs heures ou jours avant d'avoir les résultats de son traitement?

Certes ces premières générations de cloud sont un modèle qui se cherche (cf le pricing d'Azure que tu évoques), mais je pense que les éditeurs SaaS qui seront les premiers utilisateurs de ces systèmes masqueront ce pricing pour afficher à leurs clients des coûts de services à l'usage (métier).

Et pour les DSI qui utiliseront le cloud et qui auraient connu l'informatique dans les années 80, avant les stations de travail et les PC, ça leur rappellera le mode de facturation du temps partagé sur les mainframes ou les minis...
Dieu, que le temps passe vite!

Alain

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