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  <title>Christophe MAUBOUSSIN</title>
  <description><![CDATA[Le Blog de Christophe Mauboussin]]></description>
  <link>http://www.decideo.fr/cockpitbusiness/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2013-05-26T02:07:31+02:00</dc:date>
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   <title>Le scandale du Libor et la moralité professionnelle</title>
   <pubDate>Thu, 20 Sep 2012 14:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Mauboussin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Gouvernance]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C’est au mois de juin 2012 qu’a été révélé le « scandale du Libor ». La manipulation d’un taux d’intérêt servant de référence pour des opérations de prêts interbancaires et de nombreux produits financiers. Les faits connus à ce jour, dont certains remonteraient à 2008, voire au-delà, suscitent différentes questions pratiques et conceptuelles. L’une d’elles porte sur la moralité professionnelle – en l’occurrence celle des banquiers – et sur ses rapports avec la moralité ordinaire – rapports qui ont précisément été évoqués par le ministre des finances du Royaume-Uni à propos de ce scandale.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.decideo.fr/cockpitbusiness/photo/art/default/4741083-7086029.jpg" alt="Le scandale du Libor et la moralité professionnelle" title="Le scandale du Libor et la moralité professionnelle" />
     </div>
     <div>
      <b>Présentation du taux faisant l’objet du scandale.</b>       <br />
       Le « Libor » (London InterBank Offered Rate) est un taux d’intérêt de référence sur le marché interbancaire. Il désigne le coût que les banques doivent consentir pour emprunter de l’argent à court terme. Publié depuis le 1er janvier 1986, ce taux (en réalité il y a 150 taux de référence publiés quotidiennement, comme le souligne par exemple l’article du New York Times « Understanding the Rate-Fixing Inquiry ») est fixé suivant une procédure supervisée par l’association des banques britanniques, la British Bankers Association ou BBA. Il est plus précisément calculé et diffusé par Thomson Reuters selon une procédure définie par la BBA. Elle repose sur les estimations issues d’un panel de banques, chacune répondant à la question suivante : « À quel taux pourriez-vous emprunter des fonds si vous deviez demander et ensuite accepter des offres interbancaires dans un marché de taille raisonnable juste avant midi ? ». Les quatre estimations les plus basses et les plus hautes sont écartées, le taux retenu correspondant à la moyenne des estimations restantes. Cette procédure, décrite comme impartiale, est soumise à des dispositifs de contrôle qui sont notamment mis en œuvre par la BBA (cf. la page « Scrutiny » de son site).       <br />
              <br />
       <b>Les faits constitutifs du « scandale ». </b>       <br />
       En juin 2012, la banque Barclays a conclu un accord avec les autorités bancaires américaines et britanniques pour un montant de 453 millions de dollars. C’est cet accord qui est à l’origine du scandale. Il visait à compenser la manipulation du Libor (et de l’Euribor, un taux de référence de la zone euro) commise par des traders de Barclays entre 2005 et 2009. Mais d’autres banques auraient participé à des manipulations. Ainsi sept établissements seraient assignés à comparaître aux États-Unis et au Royaume-Uni, selon un article de Libération du 16 août dernier.       <br />
              <br />
       Un article de Reuters du 27 juillet, intitulé « At least three banks seen central to Libor rigging », souligne qu’une douzaine de traders auraient cherché à manipuler des taux dans différentes devises. Les enquêteurs recherchent d’éventuelles ententes entre établissements, mais l’une des raisons pour lesquelles plusieurs banques seraient impliquées proviendrait du fait que certains traders auraient été employés successivement par plusieurs d’entre elles. Par exemple, l’un d’eux aurait travaillé pour Barclays et UBS – et aurait noué des contacts avec d’autres traders. L’article indique aussi que les manipulations de taux auraient « commencé pour de bon au début de 2005 sur le marché du dollar ». Quant aux effets potentiels de ces manipulations, ils sont difficiles à déterminer mais concerneraient des milliers de milliards de dollars.       <br />
       Un dernier point relatif à l’analyse des responsabilités. Si des démissions ont eu lieu à la tête de la banque Barclays, d’autres établissements ont souligné que leurs dirigeants n’étaient pas au courant des manipulations sur les taux commises par des employés. Un article publié par le New York Times le 5 août précise ainsi que « JPMorgan Chase et Citigroup ont mis en exergue auprès des autorités le fait que, contrairement au cas Barclays, leurs PDG n’étaient pas impliqués dans les malversations et qu’en conséquence ces banques devaient être traitées avec moins de sévérité (…). Un manager de la Deutsche Bank qui supervisait des traders fait l’objet d’une enquête, selon une personne impliquée dans l’affaire. Cependant, un porte-parole de la Deutsche Bank a affirmé qu’&quot;aucun dirigeant de la banque n’avait été au courant d’une manipulation de taux (…)&quot;.       <br />
       Mais les autorités de contrôle – les régulateurs – ne sont pas épargnés par l’analyse des responsabilités. Un autre article du New York Times, daté du 18 juillet, indiquait que « le législateur, à Londres et à Washington, examinait si les régulateurs avaient fermé les yeux alors que les banques sous-évaluaient artificiellement les taux. Les documents publiés par Barclays indiquent que la banque avait informé les régulateurs sur des problèmes relatifs au Libor remontant à 2007. Elle écrivait dans un rapport : &quot;<span style="font-style:italic">Il nous semble que les taux du Libor sont de nouveau assez irréalistes et ne reflètent pas le véritable taux d’intérêt</span>&quot;. Le scandale du Libor a contribué à renforcer la vague de critiques envers les régulateurs britanniques.       <br />
              <br />
       Dans un billet intitulé « La manipulation du Libor » et publié dès le 29 juin 2012, l’économiste Paul Jorion élargissait encore le champ des responsabilités, affirmant que la sous-évaluation du Libor avait été dans l’intérêt de nombreux acteurs, dont les banques : « Dans une situation de crise », écrivait-il « chaque banque citera du coup pour le taux qu’on exige d’elle, un chiffre plus faible que le chiffre réel : chacune prétendra que les autres lui prêtent à un taux réduit parce que tout le monde lui fait confiance. J’écrivais dans « LIBOR II ou mauvaise nouvelle pour les subprimes » : « … en biaisant le chiffre, chacun cherche à cacher la difficulté qu’il a à obtenir en ce moment du financement, c’est-à-dire, cherche à cacher sa précarité actuelle. » Il n’est donc pas même nécessaire que les banques s’entendent pour cacher les vrais chiffres : il est de l’intérêt de chacune de trafiquer les chiffres à la baisse ».       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Ces éléments soulèvent une question classique : celle de la moralité des professionnels du secteur bancaire et de ses rapports avec la moralité ordinaire. La question a été directement soulevée par le ministre des Finances du Royaume-Uni, George Osborne. Selon Libération du 28 juin, il évoquait « « des preuves de cupidité » et « l’irresponsabilité » des acteurs de l’affaire, en déplorant « la culture de banques comme Barclays dans la période d’avant la crise » » − ce malgré l’existence de murailles de Chine interdisant, au sein des établissements bancaires, des transferts d’informations sensibles. Mais Osborne allait encore plus loin dans ces propos reproduits par Le Monde du 16 juillet : « [Les faits] sont symptomatiques d’un système financier qui a élevé la cupidité par-dessus toute autre considération et a mis notre économie à genoux. (…) La fraude est un crime quand il s’agit des affaires ordinaires. Pourquoi devrait-il en être autrement quand il s’agit de la banque ? »       <br />
       Les deux dernières phrase posent la question des rapports entre la moralité professionnelle et la moralité ordinaire. La thèse défendue quasi explicitement par Osborne est que les deux types de morale ne sont pas indépendants ou cloisonnés. La phrase interrogative « Pourquoi devrait-il en être autrement quand il s’agit de la banque ? » affirme que la profession bancaire ne peut être régie par un système de normes dont certaines s’opposeraient à des normes de la moralité ordinaire. Mais en même temps le ministre des Finances déplore la divergence de fait existant entre morale professionnelle du secteur bancaire et morale ordinaire.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">contact@value-action.com
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   ]]>
   </description>
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   <title>Les limites des arguments pour ou contre la culture de Goldman Sachs</title>
   <pubDate>Tue, 27 Mar 2012 11:44:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Mauboussin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Gouvernance]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Un mot clé émerge du débat suscité par la tribune critique de Greg Smith, ancien cadre de Goldman Sachs, parue dans le New York Times du 14 mars dernier : le mot « culture ». C’est autour de lui que des arguments assez virulents ont été échangés via les médias.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.decideo.fr/cockpitbusiness/photo/art/default/4040590-6130457.jpg" alt="Les limites des arguments pour ou contre la culture de Goldman Sachs" title="Les limites des arguments pour ou contre la culture de Goldman Sachs" />
     </div>
     <div>
      En dépit de ses contours flous, le concept de culture appliqué à l’entreprise doit être pris au sérieux pour trois raisons : (a) il prétend rendre compte des normes et autres caractéristiques propres à des communautés humaines ; (b) il a un certain effet sur les actions de leurs membres ; et (c) il est sensible à l’influence que des tiers cherchent à exercer sur ces communautés. Dans le cas du débat actuel sur Goldman Sachs, cette dernière raison est particulièrement importante. Elle explique pourquoi les protagonistes ont situé leurs arguments au niveau de la culture de la banque. Mais en procédant ainsi, ils en ont limité la portée.       <br />
              <br />
       Pour le montrer, il est utile de revenir sur l’usage que les protagonistes de l’affaire ont fait du mot « culture ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>1.</b> Dans sa tribune publiée le 14 mars dans le New York Times et dans le Courrier International sous le titre « Pourquoi je quitte Goldman Sachs », Greg Smith affirme que « le public, sceptique, en sera peut-être étonné, mais la culture était un élément essentiel du succès de Goldman Sachs ». Cette phrase montre que Smith s’adresse au public et pas seulement aux dirigeants de la banque qu’il vient de quitter (il interpelle les membres du conseil d’administration à la fin de son article). Ce qui revient à dire qu’il compte sur le « public » pour influencer la culture de son ancienne entreprise.       <br />
              <br />
       Smith énonce plusieurs caractéristiques de la culture de Goldman Sachs. Il les présente comme des descriptions factuelles en utilisant l’imparfait pour souligner que la culture qu’il cherche à décrire est révolue : « Cette culture était affaire de travail d’équipe, d’intégrité, d’humilité, de service apporté au client. Elle était le mortier invisible qui garantissait la cohésion de cette formidable entreprise qui nous avait permis de nous assurer la confiance de nos clients pendant 143 ans. Il n’était pas seulement question de gagner de l’argent : une société qui n’a que cela en tête ne tient pas longtemps. La fierté et la foi dans l’entreprise jouaient aussi un rôle. » (1)       <br />
              <br />
       On notera que ces phrases comprennent les éléments (a), (b) et (c) mentionnés au début. Ces éléments font partie du concept de culture. Il s’agit respectivement (a) des caractéristiques partagées par les membres de la communauté humaine formée par Goldman Sachs (travail d’équipe, intégrité, etc.), (b) de la « cohésion » (et de ses effets implicites sur les comportements individuels : Smith dit aussi que « l’environnement [au sein de la banque] est désormais plus toxique et destructeur que jamais ») et (c) de la « confiance », qui témoigne de la relation d’influence réciproque entre la banque et son environnement externe.       <br />
              <br />
       On notera aussi que la stratégie argumentative de Smith consiste à laisser supposer que la culture dont il regrette la disparition représente une sorte d’idéal moral. À la lecture de l’article, on comprend que l’ancienne culture aurait (selon Smith) évité ce qu’il reproche à la culture actuelle, à savoir que « les intérêts du client continuent de passer au second plan dans la façon qu’a la société de fonctionner et de calculer comment gagner de l’argent ». On le comprend surtout dans les phrases de conclusion, où Smith suggère un retour à l’ancienne culture : « Replacez le client au centre de vos préoccupations. Sans clients, vous ne gagnerez pas d’argent. En fait, vous n’existerez tout simplement pas. Écartez les gens moralement corrompus, peu importe combien ils rapportent à l’entreprise. Et renouez avec votre culture, de sorte que l’on ait envie de travailler chez vous pour les bonnes raisons. » La dernière phrase est importante. Elle renvoie à l’influence qu’exercent les tiers (ceux qui se trouvent dans l’environnement de l’entreprise, voire le public en général) sur la culture d’une firme. En reprenant les mots employés, cela signifie que les tiers influencent la culture d’une entreprise pour que celle-ci leur donne de « bonnes raisons » de coopérer avec elle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>2.</b> Le même jour, deux dirigeants de Goldman Sachs (le PDG, Lloyd Blankfein, et le directeur des opérations, Gary Cohn) ont répondu aux arguments de Smith. Le message était adressé aux collaborateurs de la banque et consultable sur son site Internet.        <br />
              <br />
       Blankfein et Cohn utilisent également l’argument de la culture et procèdent factuellement, à la manière de Greg Smith. Ils citent en particulier les résultats de l’enquête de satisfaction réalisée auprès des collaborateurs de la banque. Ces résultats donnent une description factuelle de sa culture interne, malgré les regrets exprimés : « C’est avec déception que nous avons pris connaissance des affirmations faites par [Greg Smith]. Elles ne reflètent pas nos valeurs, notre culture et la manière dont la grande majorité des collaborateurs de Goldman Sachs se représentent la firme et le travail qu’elle accomplit pour le compte de ses clients. (…) Quelle est l’opinion de nos collaborateurs sur la manière dont nous interagissons avec nos clients ? Au sein de l’entreprise et à tous les niveaux hiérarchiques, 89% d’entre vous ont dit que la firme leur fournit d’excellents services. »       <br />
              <br />
       Il est intéressant de remarquer que la réponse des dirigeants de la banque fait usage d’un  autre argument démonstratif en incluant explicitement, dans le message de réponse, la valeur de modestie, et en employant le verbe « démontrer » (au sens de « rendre manifeste ») : « Nous sommes loin d’être parfaits, mais à chaque fois que la firme a été confrontée à un problème, nous y avons répondu sérieusement et en allant au fond des choses. Et ce fait, nous l’avons démontré. »
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.decideo.fr/cockpitbusiness/photo/art/default/4040590-6130469.jpg" alt="Les limites des arguments pour ou contre la culture de Goldman Sachs" title="Les limites des arguments pour ou contre la culture de Goldman Sachs" />
     </div>
     <div>
      3. Ces échanges d’arguments factuels centrés sur la culture inspirent plusieurs remarques.       <br />
              <br />
       La première est que les débats suscités par Greg Smith ne se situent pas à un niveau individuel. Par exemple, Smith n’évoque aucun conflit interne qui l’aurait motivé à démissionner de Goldman Sachs et à écrire sa tribune (2). Il développe son argument à partir d’une position d’observateur et choisit le théâtre des opérations : le niveau organisationnel, celui où s’applique le concept de « culture d’entreprise ».        <br />
              <br />
       Cela signifie que le débat ne se situe pas non plus à un niveau sociétal. L’un des commentateurs de l’article de Smith, dont les propos ont été rapportés par le New York Times, l’affirme clairement : « J’ai été consterné par l’article de Greg Smith dans lequel il déplore l’abandon des valeurs que, selon lui, Goldman Sachs défendait quand il a été embauché : « travail d’équipe, intégrité, humilité, service apporté au client ». Mais ma consternation a été encore plus forte à cause d’une importante valeur morale qu’il n’a pas mentionnée : le fait de bien agir envers son pays et envers le monde. » Et le commentateur ajoute : « Le sens moral devrait faire partie des valeurs d’une personne et d’une firme, et il devrait s’étendre au-delà de la communauté limitée que forme une entreprise et ses clients. Après tout, l’inconséquence de Goldman Sachs a causé du tort à des millions de gens au-delà de son domaine d’activité. »       <br />
              <br />
       Ce qui manque dans l’échange d’arguments sur la culture de Goldman Sachs, c’est une référence claire à l’intérêt général. Il est certes question de l’intérêt des clients qui, en finance, est une composante de l’intérêt général. Mais le lien entre la culture de Goldman Sachs et sa raison d’être en tant qu’institution remplissant une fonction dans les sociétés où elle opère n’a pas été clairement discuté. Peut-être en raison de la force de la culture de Goldman Sachs, qui la rend particulièrement saillante et propice aux discussions (3). En outre, les descriptions de cette culture sont ambiguës : ses caractéristiques les plus notables, ainsi que les procédures de sélection et d’évaluation des employés, suggèrent une forte identification des collaborateurs à l’organisation. Il en résulte des dispositions individuelles à la coopération qui, du point de vue d’un observateur extérieur, paraissent louables, mais qui peuvent aussi témoigner d’une résistance à l’évolution des conceptions du public sur la culture qu’une banque d’investissement devrait rechercher pour servir l’intérêt général (4). Il est frustrant que cette question ait été escamotée au profit d’échanges essentiellement factuels sur la culture de Goldman Sachs.       <br />
              <br />
       <b>Alain ANQUETIL</b>       <br />
       Philosophe, Professeur d'éthique des affaires à l'ESSCA.       <br />
       Auteur de ''Qu'est-ce que l'éthique des affaires ?'' (Vrin, 2008) et ''Textes clés de l'éthique des affaires'' (Vrin, 2011).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">(1) Selon Marc Roche, l’introduction en Bourse de Goldman Sachs en 1999 semble avoir constitué un moment important de l’évolution de la culture de la firme : « Goldman Sachs a été créée par un immigré juif allemand. Elle est imprégnée de considérations bibliques et se base sur 14 commandements. Le premier est : le client prime. C’est resté vrai pendant des dizaines d’années, jusqu’à l’entrée en Bourse en 1999. Avant cette date, GS ne participait pas à des OPA hostiles, faisait très peu de trading, restait discrète et servait ses clients. Après, ses dirigeants sont devenus milliardaires, et le règne des traders - dont sont issus les actuels numéro 1 et 2 de la compagnie - a commencé. » (Libération, 16 mars 2102)       <br />
              <br />
       (2) Dans sa revue de presse internationale sur France Culture, Thomas Cluzel précise cependant que, « selon une source anonyme citée par le Wall Street Journal, Greg Smith aurait qui plus est mal vécu d’avoir reçu un faible bonus en début d’année ».       <br />
              <br />
       (3) On en trouve un exemple dans cette phrase issue d’un rapport de la banque (Business Principles and Standards Committee Report, janvier 2011) : « La culture d’entreprise est difficile à définir, mais facile à reconnaître ». Voir aussi le chapitre 3 de l’ouvrage de Marc Roche, La Banque, comment Goldman Sachs dirige le monde, Paris, Albin Michel, 2010. Il y utilise l’expression « moines banquiers » et évoque un « clan … imprégné de l’importance de sa mission ».       <br />
              <br />
       (4) Sur ce point, cf. ce commentaire du Business Principles and Standards Committee Report : « Nous croyons que notre culture est un élément essentiel de notre capacité à réussir. Cependant même une forte culture d’entreprise doit évoluer et s’adapter aux changements qui se produisent dans l’environnement économique ». Cette « adaptation » est la conséquence des influences des tiers (le rapport cite le marché, la régulation et l’environnement compétitif et macro-économique) sur la culture.</span>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">contact@value-action.com
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   ]]>
   </description>
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   <title>Une seule lettre vous manque .....</title>
   <pubDate>Sun, 18 Dec 2011 14:38:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Mauboussin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les grandes agences de notation sont depuis le 16 décembre unanimes pour estimer que la situation est suffisamment grave pour faire planer au-dessus de plusieurs pays importants de la zone euro la menace d'un abaissement très rapide de note.     <div>
      Fitch a placé sous surveillance l'Espagne, l'Italie, la Belgique, la Slovénie, Chypre et l'Irlande. Cela signifie qu'elle pourrait baisser la note de ces Etats d'ici la fin janvier. Quelques heures plus tard, Moody's a également accablé la Belgique, en décidant d'abaisser sa note de deux crans, à « Aa3 », ce qui maintient tout de même le royaume dans la catégorie des émetteurs de dette de bonne qualité. Le ministre des Finances belge a reconnu hier que le pays allait devoir consentir des « efforts importants » pour impérativement réduire son déficit et éviter d'être à nouveau dégradé. l'Insee a annoncé jeudi 15 décembre, &quot;<span style="font-style:italic">une brève entrée de la France en récession&quot;</span>. L'allemand Jürgen Stark, chef économiste de la Banque, démissionnaire début 2012, a réitéré sa position d'hostilité à des rachats massifs d'obligations publiques par la banque. Les divergences au sein de la zone euro, sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE), n'ont pas disparu. Tous ces tiraillements alimentent la défiance des marchés et les commentaires des investisseurs qui alimentent l’analyse des agences de notation...la boucle est bouclée !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.decideo.fr/cockpitbusiness/photo/art/default/3561145-5136564.jpg" alt="Une seule lettre vous manque ....." title="Une seule lettre vous manque ....." />
     </div>
     <div>
      Ce sont les Banques privées qui prêtent aux États, et qui passent des contrats aux agences de notation, il faut en avoir conscience et être très prudent sur leurs conclusions. La société Enron une des plus grandes entreprise Américaine fit faillite en décembre 2001 en raison des pertes occasionnées par ses opérations spéculatives sur le marché de l'électricité, qui avaient été maquillées en bénéfices via des manipulations comptables. Cette faillite entraîna dans son sillage celle d'Arthur Andersen, qui auditait ses comptes. De plus, elles n'ont pas vu venir la faillite financière de Lehman Brothers entrainant le crash financier de 2008-2009, l’Argentine, l’Islande et dernièrement le maquillage des comptes de la Grèce par des conseillers de Goldman Sachs.       <br />
       Une agence de notation fonctionne à partir d'un contrat d'études qui lui est demandé par une société privée pour connaître la fiabilité financière d'un groupe privé avec lequel elle est sensée faire une affaire. Selon le barème 2009 de Standard &amp; Poor's pour les États-Unis par exemple, une entreprise doit verser au minimum 70.000 dollars au début du processus de notation, puis un abonnement de «surveillance» atteignant environ la moitié de cette somme initiale. Chaque fois qu'elle émet de la dette sur les marchés, elle s'acquitte alors en plus d'une commission de 0,045% de la transaction. 90% du chiffre d'affaires des agences de notation provient des entités notées. Ce modèle économique donne une haute rentabilité aux agences.        <br />
       Cetes, le développement du marché de la dette obligataire spéculative a renouvelé et légitimé le marché de la notation. Mais, si les agences ne sont pas contestables dans leur mode de fonctionnement et semblent dans leur rôle comme acteur du marché financier, leurs fortes imbrications avec celui-ci posent le problème d’être à la fois juges et parties.       <br />
       Les agences financières opèrent, contre rémunération, elles sont donc liées au donneur d'ordres de sorte qu'elles ne peuvent être totalement impartiales. Quand S&amp;P a dégradé la note américaine, le 5 août 2011, elle a expliqué sa décision par <span style="font-style:italic">l’incapacité d’Obama à parvenir à un accord politique pour réduire sa dette</span>. Le 22 août 2011, le président de S&amp;P, Deven Sharma, était sur le départ, remplacé par Douglas Peterson, 53 ans, Directeur d'exploitation de Citibank, l'entité qui chapeaute les activités bancaires de l'établissement américain Citigroup.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Malgré les trois agences agissant en quasi-monopole et dominant 90 % du marché, notons la présence d’une quatrième, beaucoup moins influente, <b>Dagong Global Credit Rating</b>, fondée en 1994, agence de notation financière chinoise.       <br />
       L'agence Dagong est connue pour attribuer une note plus faible à la dette souveraine américaine (« AA », abaissée à « A+ » en juillet 2010, puis à « A » le 3 août 2011) que ses trois concurrentes américaines (AAA, puis AA+ pour Standard and Poor's le 5 août 2011).       <br />
       Dagong est actuellement en conflit avec la Securities and Exchange Commission américaine qui lui a refusé sa demande d'accréditation en octobre 2010, « faute d'informations suffisantes ».  Pour certains analystes, la méthodologie de Dagong laisserait perplexe les professionnels de la finance et ne s'illustrerait pas par sa transparence. Cependant, d'autres jugent « crédible » l’agence dans ses notations, et même plus « correcte » que ses concurrentes américaines pour sa notation des pays de l’OCDE.       <br />
              <br />
       Ne serait-il pas opportun et urgent de créer une instance dépendant d’une institution internationale comme le FMI, pour l’appréciation des dettes souveraines et des situations macro-économiques ?        <br />
              <br />
       Ils pensent jouer la bonne partition et risque à chaque instant la fausse note.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Pour un nouveau plan Schuman</title>
   <pubDate>Fri, 16 Sep 2011 15:41:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Mauboussin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   La crise européenne vue comme une chance - Vers une nouveau plan Schuman. Conférence débat Science-Po Paris - Notre Europe, 14 septembre 2011     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.decideo.fr/cockpitbusiness/photo/art/default/3279170-4697906.jpg" alt="Pour un nouveau plan Schuman" title="Pour un nouveau plan Schuman" />
     </div>
     <div>
      Lors d'une conférence avec Jacques Delors à Science Po Paris, Viviane Reding, Vice présidente de la commission européenne, présente sa vision pour l'avenir de l'Union européenne.       <br />
              <br />
       &quot;Ma vision pour demain, à l'horizon 2020 est que notre Europe se mue en une vraie &quot;Confédération européenne&quot; (…)       <br />
              <br />
       Ne perdez jamais de vue que ce ne sont jamais les vieux pessimistes qui construisent l'avenir, mais les jeunes optimistes.&quot;       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.decideo.fr/cockpitbusiness/photo/art/default/3279170-4697923.jpg" alt="Pour un nouveau plan Schuman" title="Pour un nouveau plan Schuman" />
     </div>
     <div>
      <b>Lire le discours</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Notes d'humour</title>
   <pubDate>Mon, 05 Sep 2011 15:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Mauboussin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Stratégie]]></dc:subject>
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