Business Intelligence 2012-2013 : Bilan et perspectives


Rédigé par Reda GOMERY, Keyrus le 11 Février 2013

L’année 2012 aura marqué les entreprises par la complexité d’un marché fluctuant et par l’accélération des cycles de production. La complexité n’a pas toujours consisté à conquérir des parts de marché mais le plus souvent à anticiper des changements, à maintenir ses marges ou à prévenir les risques face à des concurrents sans cesse plus menaçants.
Dans ce contexte, on ne présente "presque" plus la Business Intelligence (BI) et ses apports pour l’Entreprise. Cette discipline vouée à la production d’informations (indicateurs, analyses, rapports…) pour la prise de décision s’est largement ancrée, en 2012, dans les priorités des dirigeants. Quel que soit le secteur d’activité ou la taille des organisations, la BI a très souvent constitué un sujet d’intérêt, d’évolution, voire parfois de préoccupations. C’est sans doute le premier enseignement que l’on peut tirer de l’observation rétrospective de la BI en 2012.



TROIS COURANTS FORTS EN 2012

Reda Gomery I Directeur des Opérations BI – Keyrus
1. Un intérêt accru pour une Business Intelligence d’Entreprise

L’évolution de la BI n’a pas toujours suivi le rythme d’évolution des organisations créant parfois un décalage significatif entre la demande des utilisateurs et la capacité des systèmes décisionnels à y répondre. Cette difficulté est démultipliée dans les entreprises où, faute de moyens, de stratégies, d’arbitrages, la BI s’est construite au fil des années dans des silos métiers limitant la transversalité et la pertinence des informations produites.
En 2012, de nombreuses organisations ont entamé les mouvements d’évolution pour instaurer une BI d’Entreprise. Cette BI permet d’adresser, dans les entités (départements, filiales…), les besoins locaux des opérationnels, et de manière cohérente, celui du Corporate. Cette BI permet également de répondre aux besoins spécifiques des métiers tout en tenant compte de l’impérieuse nécessité de croiser les informations.
Dans cette démarche, les entreprises ont alors lancé des études de type BI Roadmap (ou Schéma Directeur Décisionnel) afin d’évaluer les caractéristiques de l’existant (forces, faiblesses…), de définir une cible d’évolution et une trajectoire adaptée aux enjeux et capacités de l’organisation.

2. L’évolution des parcs d’outils et l’optimisation des architectures BI

En matière d’outils et d’architectures BI, les initiatives ont été multiples. Plusieurs organisations ont alors "repensé" leur stratégie d’investissement dans les outils BI. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous pouvons ainsi mentionner deux cas de figure rencontrés :

· Les entreprises ayant historiquement investi dans un nombre minimum de technologies BI (une ou deux) ont choisi en 2012 d’élargir leur gamme d’outils.
Ce choix s’inscrivait alors dans la perspective de s’adapter à la variété des usages, voire d’étoffer le catalogue de service décisionnel en y intégrant des innovations (temps réel, In memory, Data Visualisation, géoBI…).

· A l’inverse, les entreprises dont la BI s’appuyait sur de multiples outils, parfois redondants, ont amorcé des réflexions pour leur rationalisation. Dans ce contexte, les études d’évolution des architectures ont été incontournables.

3. L’évolution des modèles d’organisation et de gouvernance BI

Même si les entreprises s’accordent sur l’intérêt et la nécessité de l’utilisation de la BI, certains dirigeants ont rencontré trois préoccupations majeures : les coûts générés par la BI, sa capacité à satisfaire les besoins utilisateurs et sa gouvernance.

En matière de BI, les expériences ont été variées et certaines entreprises ont véritablement souffert d’une BI coûteuse, complexe à maîtriser et générant parfois de nombreuses tensions internes (IT, Métier). La mise en place de Centres de Compétences BI (CCBI) s’est développée en 2012 et confirme la tendance des organisations à rechercher une solution à ces thèmes de préoccupation. Pour autant, la BI reste une discipline complexe à orchestrer et plus particulièrement dans les grandes organisations : Qui doit la gouverner ? Comment doit-on la gouverner ? Comment doit-elle s’articuler et interagir avec les autres entités ? Voilà autant de questions que certaines entreprises se sont posées en 2012 et qui sont toujours d’actualité.

CINQ PERSPECTIVES MAJEURES EN 2013

Les courants forts observés en 2012 vont s’étendre à un plus grand nombre d’organisations cette année.
En complément, cinq perspectives susciteront probablement un vif intérêt ainsi que de multiples initiatives :

1. BI Analytique & Data Visualisation

La BI devient de plus en plus analytique en s’ouvrant davantage vers les utilisateurs et en s’orientant vers plus de prévisions, d’anticipation et de détection de nouvelles corrélations entre des données (structurées ou non structurées). Cet usage devrait s’accentuer au sein des entreprises, soutenu par un mouvement organisationnel qui tend à renforcer et à formaliser le rôle de Business Analyst. Dans cette même perspective, le déploiement des outils de Data Visualisation devrait s’accélérer.

2. Big Data + Business Intelligence = Big Intelligence ?

Le sujet Big Data, encore flou pour certaines entreprises, a donné lieu à un déluge de communiqués et d’avis en 2012. Pour autant (ou par conséquent), le sujet peine à trouver une prise en considération systématique et concrète au sein des organisations françaises. Parmi les freins à la mise en place d’initiatives et de solutions Big Data, nous notons la difficulté pour certaines entreprises de trouver des cas d’usages fonctionnels générant une forte valeur ajoutée globale. Le sujet nécessite une prise de conscience et une forte implication des métiers dans l’identification de ces cas d’usages liés à la variété, au volume et à la vélocité des données exploitées. En d’autres termes, le couplage BI & Big Data devrait être un réel générateur de valeur. Les entreprises qui auront assimilé cette équation au niveau de leur métier, s’engageront davantage dans la mise en œuvre d’initiatives Big Data.

3. BI & Cloud Computing

En 2013, le Cloud Computing devrait progressivement s’installer sur le marché français de la BI. Les réticences liées à la sécurité des données sont de plus en plus atténuées par des solutions éprouvées offrant flexibilité, scalabilité (extensibilité) et compétitivité. Au-delà de ces apports, certains usages de la BI se prêtent à des modes de consommation sous la forme de services (usages départementaux, besoins ponctuels…).
Le Cloud BI devrait éventuellement constituer un scénario économique pertinent voire une solution indispensable pour la structuration d’environnements projets BI coûteux.
D’une manière générale, la tendance Cloud BI se développera également du côté du marché des éditeurs BI dans leur roadmap d’évolution.

4. BI & Data Management

Dans de nombreuses organisations, BI rime avec gestion des données. Les projets BI ont souvent mis en évidence la nécessité de mieux gérer les données, en particulier les données de référence (MDM). La BI révèle aussi l’importance de la qualité des données gérées, produites et diffusées. Le couplage de la BI et du Data Management n’est pas une tendance nouvelle pour les entreprises. Cette perspective devrait se poursuivre dans les organisations avec un renforcement de l’outillage, des processus et de la gouvernance des données.

5. BI et Agilité

Pour certaines organisations, cela ressemble parfois à un oxymore. Tous les utilisateurs s’accordent sur la nécessité d’une BI agile et certaines entreprises ont déjà amorcé des principes méthodologiques, des processus et des outils permettant d’atteindre cette exigence. Nul doute que cette perspective se renforcera en 2013. Évidemment, lorsqu’on évoque l’agilité, cela concerne les processus de traitements des besoins utilisateurs, de génération d’informations à partir des données sources, de mise à disposition d’évolutions BI ou encore de réalisation de projets.

Dans sa dynamique d’évolution, la BI est en cours de mutation au sein des organisations. Ses tendances d’évolution et l’activité de son marché résument son potentiel d’ouverture et d’amplitude. Nul doute que la BI continuera de s’imposer en 2013 comme la discipline incontournable pour offrir au décideur la précieuse vision de la réalité de son Entreprise.



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