Les étudiants de l’ISEP formés à l’intelligence collaborative


Rédigé par Communiqué de l'ISEP le 5 Décembre 2011

Accompagner le changement et l’innovation en entreprise avec les méthodes déployées par les armées



Tous les élèves de l’ISEP suivent au moins 2 cours électifs en « sciences et techniques de l’entreprise » qui permettent de développer les compétences managériales indispensables à tout ingénieur aujourd’hui. Dans le cadre d’un de ces enseignements, les étudiants ont été formés à une méthode de management encore peu développée en France: l’intelligence collaborative. Cette méthode s’inscrit dans des pratiques militaires de planification opérationnelle permettant d’apporter une solution collective à des problématiques complexes telles que le changement, l’innovation, les événements imprévus, la R&D ou la conduite de projet. En sollicitant prioritairement les ressources internes et en reliant les équipes, tout en maîtrisant des risques potentiels, son avantage est de protéger l’entreprise dans un environnement économique hautement compétitif. Les dernières 6 années, environ une centaine d’étudiants de l’ISEP a été déjà sensibilisée à la méthode de « War-room ».

Les isépien(ne)s dans la « war-room » …

Cet outil d’aide à la décision, connu aussi sous l’appellation de « war-room », reprend le modèle de fonctionnement d’un état-major. Des professionnels du cabinet de conseil en management de projets ITB qui ont transposé ce modèle à la sphère économique française et aux réalités des entreprises, forment les élèves de l’ISEP à cette nouvelle méthode d’aide à la décision. « Le travail collaboratif assisté par l’ordinateur se fait à partir d’une plateforme d’expérimentation et de réflexion commune, un laboratoire d’idées, de prise de décision et de planification » souligne Brice de Gliame, Président d’ITB* et intervenant à l’ISEP. Cette assistance a un énorme avantage, celui d’anonymiser les idées, aplatir les hiérarchies et ainsi libérer la parole et maîtriser les égos et affects.

Les 6 modules de la formation, de 4 heures chacun, ont pour objectif de sensibiliser les futurs ingénieurs et managers à l’intelligence économique. Le contenu de ces modules est calé sur les étapes du projet collaboratif:

- Veille et recherche d’informations pertinentes afin de mieux apprécier les enjeux et identifier les freins ou les blocages (crash tests virtuels etc.);
- Elaboration d’une stratégie, identification des différents scénarios possibles;
- Protection et sécurisation de l’information;
- Planification et prise de décisions opérationnelles;
- Influence: e-réputation et web 2.0.

La démarche de la « war-room » consiste à partager des informations, connaissances et savoirs entre des membres de diverses organisations et à mettre en place des groupes de travail communs, transverses, pluridisciplinaires, multiculturels,… Le jeu de rôle est ainsi la méthode pédagogique privilégiée dans le cadre de cette formation: 3 groupes d’étudiants suivent trois scénarios différents et les étapes du projet collaboratif afin de créer 3 entreprises virtuelles concurrentes et / ou partenaires sur le même secteur ou marché.

Caroline Quersonnier, qui a suivi ce cours à l’ISEP l’an passé, considère cette expérience comme très enrichissante: « mon projet professionnel est de faire de la gestion de projet. Je trouve que cet outil est un moyen très efficace de prendre une décision collective et de fédérer une équipe, que j’utiliserai quand j’aurai des responsabilités managériales ».

Transposer les méthodes déployées par les armées à la sphère de l’entreprise

L’intelligence collaborative s’appuie sur la méthode de planification opérationnelle utilisée par la Défense et enseignée à l’Ecole militaire aux officiers qui se destinent aux plus hautes fonctions de l’Etat. L’objectif est d’agir dans des environnements hostiles tout en anticipant et réduisant les risques. Pour ce faire, cette méthode fixe le but à atteindre puis elle évalue et conçoit la meilleure façon possible pour y arriver. Pour une institution publique ou une entreprise, l’avantage est de mobiliser les collaborateurs sur un objectif commun et de les faire adhérer plus facilement à des décisions importantes pour l’ensemble des acteurs.

Le changement, l’environnement complexe, les événements imprévus, les diverses crises font peur, surtout dans un climat de compétitivité très marqué, comme celui d’une crise économique. En impliquant les collaborateurs dans le processus décisionnel, cette nouvelle méthode de management permet de créer un consensus fort, de gommer les résistances ou réticences au changement et d’anticiper, pour prévenir les risques de tout type, comme par exemple la dégradation du climat social.

Selon Brice de Gliame, « il faudrait appliquer d’urgence l’intelligence collaborative dans certaines entreprises françaises, car elle favorise la créativité, le partage des idées, la prise de décision et permet de réaliser une planification fine des actions ».

Ainsi, cette méthode peut être utilisée dans de nombreux domaines ou projets qu’ils concernent la transformation, conduite du changement comme en R&D, l’innovation ou la construction d’opérations Marketing/Commercial.



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