MicroStrategy annonce une version majeure de ses outils décisionnels


Rédigé par le 31 Janvier 2005

Avec la version 8, Microstrategy annonce aujourd’hui de nombreuses fonctionnalités nouvelles et une meilleure intégration de l’ensemble de ses modules. Peu à peu, l’éditeur cherche à rattraper le retard pris ces dernières années, et à remonter sur le podium des éditeurs de solutions décisionnelles mondiales.



Version majeure qui porte le numéro 8, MicroStrategy compte sur cette annonce pour reprendre place parmi les acteurs essentiels du décisionnel dans les grandes entreprises. Non qu’il ait particulièrement perdu cette place, mais plutôt parce qu’il doit en permanence défendre sa stratégie technologique, seul acteur survivant important du monde « ROLAP ». La technologie ROLAP consiste en effet à présenter aux utilisateurs une vision multidimensionnelle de données qui restent stockées en relationnel. Mais après un combat il y a quelques années entre défenseurs du ROLAP et du MOLAP (technologie concurrente qui consiste à stocker les données en mode multidimensionnel), les partisans du MOLAP semblent avoir gagné la partie (Microsoft, Hyperion, Oracle…). Du côté du ROLAP restent des acteurs comme Microstrategy ou Sybase. Microstrategy a néanmoins convaincu des milliers de clients, dont environ deux cents en France (distribution, grande consommation, télécommunications…), d’adopter sa solution.

Le défi à relever par l’éditeur est maintenant de poursuivre le développement de sa plateforme pour la rendre plus complète, plus orientée utilisateurs, et plus ouverte aux sources de données de l’entreprise. Ce sont les trois objectifs que se fixe cette version 8. L’éditeur revendique y avoir apporté plus de deux mille modifications fonctionnelles et techniques par rapport à la version précédente, la 7i.

Principale évolution technique, la centralisation au sein d’un référentiel unique de méta-données de l’ensemble des sources d’informations de l’entreprise. Tous les supports de diffusion de l’information, du tableau de bord d’indicateurs de performance, au reporting de masse, peuvent ainsi s’appuyer sur ce référentiel unique. Une source de données pour toute la production d’informations décisionnelles.

Autre évolution, celle de l’interface utilisateur. Il était parfois reproché à juste titre à Microstrategy une certaine complexité dans le développement des rapports et leur modification. L’intervention de consultants pointus était nécessaire ce qui semblait d’ailleurs faire le bonheur de l’éditeur et des sociétés de service spécialisées. Mais l’utilisateur souhaite aujourd’hui disposer d’une certaine latitude dans la modification de la présentation de ses états. Il ne souhaite pas à chaque évolution repasser par la case « informatique ». La version 8 propose ainsi une nouvelle interface qui va dans le sens d’une plus large autonomie des utilisateurs. Ce dernier peut modifier les agrégats et les sous-totaux, réorganiser les sections d’un rapport, définir de nouveaux indicateurs calculés. Du point de vue graphique, l’utilisateur dispose d’un module « wysiwyg » qui lui permet de dessiner à l’écran ses états, de les mettre en forme et d’en visualiser directement le résultat. Il évite ainsi les allers-retours avec les équipes de développement. Une cinquantaine de contrôles graphiques sont à sa disposition pour concevoir ses états. Un modèle d’état peut ensuite être partagé entre plusieurs membres d’un même groupe de travail.
Mode à laquelle Microstrategy succombe, celle du « Performance Management », qui prend chez l’éditeur l’acronyme d’EPM, pour Enterprise Performance Management. Au menu, tableaux de bord, indicateurs métier, « scorecards », alertes événementielles… Tout l’arsenal de la gestion de la performance est déployé pour faire de Microstrategy 8 un véritable outil de pilotage d’entreprise, et sortir de son image d’outil de reporting. « Grâce à Microstrategy 8, la FNAC consacrera moins de temps au développement et à la maintenance de ses états. Nos décideurs pourront gérer la performance de l’entreprise en visualisant des tableaux de bord intuitifs. Quant aux employés, ils pourront facilement descendre dans le détail de leurs données pour confirmer les tendances découvertes, en manipulant des états ergonomiques », explique Bruno Aubert, Responsable des systèmes décisionnels marketing de la FNAC.

Les besoins pointus des analystes ne sont pas oubliés. Et des modèles d’analyse prédictive ont été inclus dans cette nouvelle version. Deux cents fonctions d’analyse sont présentes dans le produit, mathématiques, statistiques, de navigation multidimensionnelle… Plusieurs algorithmes de data mining ont été ajoutés : les réseaux de neurones, la régression multivariée ou encore les arbres de décision. En s’appuyant sur le standard PMML, Microstrategy peut également faire appel aux modèles statistiques de IBM, Teradata, SAS ou encore SPSS.

Dernier point, Microstrategy est particulièrement présent dans les grandes entreprises. Il est présent aux côtés de SAP dans le système d’information de plusieurs de ses clients. Les ambitions de SAP dans le décisionnel ne sont un secret pour personne, et Microstrategy doit batailler pour conserver sa place face aux tentations hégémoniques de BW. Pour y répondre, la version 8 propose et met en avant une intégration forte et une compatibilité reconnue, certifiée, avec SAP. Microstrategy peut accéder aux données contenues dans SAP BW en générant directement les expressions MDX qui permettent de piloter ces cubes. L’interopérabilité ne s’arrête pas là, et Microstrategy revendique également l’accès aux autres ERP et aux sources de données hétérogènes internes et externes de l’entreprise.



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