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Si le monde change, les problèmes structurels généralement demeurent. Il faut donc se poser les bonnes questions et se méfier des idées reçues. Le virage technologique n’a de sens que s’il est accompagné d’un virage social et structurel. Enfin, il faut bien avoir en tête que pour assurer le développement des pays et des entreprises, il est toujours préférable de leur apprendre à pêcher plutôt que de leur fournir le poisson.

Le sentiment d’accélération du changement témoigne d’une illusion récurrente de notre société. En réalité, chaque génération soulève les mêmes interrogations. De nombreux gains de productivité ont été réalisés au détriment des clients et des salariés, mais il ne faut pas surestimer l’importance du progrès technique et seuls les chiffres corroborent la réalité. Au regard du contexte actuel, la solitude constituera le grand marché du futur. Il ne faut pas se tromper sur les métiers de demain, ils concerneront surtout l’assistance aux personnes âgées, la conduite d’engins, le secteur du bâtiment et la vente. L’avantage c’est qu’ils permettront notamment de réhabiliter le lien social et la convivialité.

Le progrès technique ne représente que 20% de l’innovation et peu de chercheurs se lancent dans la création. À l’inverse, deux tiers des créateurs d’entreprise proviennent des PME. Cependant, il est toujours indispensable d’évaluer si le progrès technique correspond à un véritable besoin.

Si la technique peut concourir au développement, elle ne pourra jamais se substituer à l’action humaine. La réussite dépend avant tout de l’efficacité du management. Par ailleurs, de nombreuses firmes possèdent encore une vision trop luxueuse de la technologie. Or, seule la capacité à intégrer le progrès technique dans la stratégie de l’entreprise se révèle capitale.

Les questions d’identité et de mode opératoire sont généralement négligées. Or, la connaissance de soi permet de déterminer ses avantages et ses déficiences. De plus, le discours prévaut souvent sur l’action. L’intelligence économique n’est pas une fin en soi. L'avenir résulte du hasard et de la volonté et il ne faut donc pas prétendre que tout est écrit d’avance.

Dans les années 1990, la croissance américaine dépassait de 1,5 point celle de l’Europe. Les investissements technologiques américains étaient également doublement supérieurs à ceux opérés sur notre continent. Les pays européens en ont donc déduit qu’ils avaient raté la révolution technique. Or, le PIB total dépend du PIB par tête. Entre 1970 et 1990, les États-Unis ont augmenté leur population de 28%. Les croissances économique et démographique étaient étroitement liées.

La croissance et la productivité américaine étaient plus élevées dans les années 1970 que dans les années 1990. Actuellement, la productivité américaine est supérieure à la productivité française. Or, les Américains travaillent chaque année 30 jours de plus que les Français. Pour les économistes, la productivité est généralement le « résidu » non expliqué de la croissance. En outre, de nombreux hommes politiques refusent de se poser les vraies questions et si les technologies de l’information se révèlent substantielles, elles n’en deviennent pas pour autant essentielles.

Selon une étude américaine, le lien entre la productivité et les investissements massifs dans les technologies de l’information et de la communication n’est pas démontré. Les nouvelles technologies doivent surtout impliquer une évolution des attitudes managériales. En effet, l’Homme doit toujours faire face à de nouveaux défis.



Rédigé par Michel Bruley le Vendredi 21 Juin 2019 à 12:46 | Permalien | Commentaires {0}


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