Open data et réseaux sociaux peuvent aider le citoyen à participer à la relance de la France
Michel Bruley
Les politiques ont inventé le concept de « patriotisme économique » sans lui donner un contenu autre à ce jour que celui d’un protectionnisme totalement arbitraire. Si l’on ne veut pas que l’industrie française se dissolve dans la mondialisation, il est temps de réagir. Il est temps de participer à la réflexion pour préciser jusqu’où les restructurations industrielles transfrontières sont acceptables au regard de la cohésion économique et sociale d’une Nation.
La France restera toujours aussi attractive sur le plan touristique, mais sa place de leader économique est vouée au déclin si elle ne se modernise pas. Il faut refuser de céder au pessimisme ambiant et prendre en compte la situation actuelle. On est en guerre mondiale économique, mais la mondialisation crée des richesses, même si elle génère aussi des inégalités et provoque des guerres : agriculture, services publics, etc.
Les délocalisations sont inéluctables, il vaut mieux accepter les règles du commerce et jouer avec elles. Elles permettent de faire baisser le prix des marchandises, et en France elles ne représentent que 3 à 6% des suppressions d’emplois. Accessoirement, il faut prendre conscience que la création d'emplois dans les pays du sud génère de la démocratie et qu’à terme, cela conduit à l'amélioration de la situation des régimes politiques dans les pays émergents.
La nationalité des entreprises n’a plus grand sens, elles sont devenues mondiales, mais on notera que les pays les plus protectionnistes sont les pays les plus puissants du monde : États-Unis, Chine, Japon. Il faut donc être très vigilant sur les capitaux des entreprises.
La France n’échappera pas à une désindustrialisation, mais il faut absolument se battre pour les banques, les assurances, tous les secteurs qui créent de la valeur, notamment ceux qui exigent des investissements publics massifs. Autrement dit, il faut que l'État prenne sa part dans la réorganisation de l'activité en France, notamment dans le numérique. Il faut en plus un effort majeur sur la recherche et le développement, axe majeur pour relancer une dynamique en France et en Europe.
Mais attention la dette de la France est ÉNORME (100% du PIB) et elle va continuer à augmenter, c'est très inquiétant. Que peut-on faire ? On est condamné à une rigueur budgétaire. Cela ne veut pas forcément dire qu'on n'a pas de marge de manœuvre budgétaire. Outre la rigueur budgétaire, les gouvernements peuvent opérer des redéploiements à condition de négocier avec les parties prenantes et pas seulement avec des syndicats peu représentatifs. Surtout, ne recommençons pas à décréter qu'on va dégraisser le mammouth ! La France ne peut pas continuer à se marginaliser en Europe en laissant filer sa dette.
Outre la dette, il faut s’attaquer au 35h, aux trop nombreux fonctionnaires, aux trop nombreuses politiques laxistes (lutte contre les fraudes – fiscales, sociales …-, zones de non-droit, lutte contre la drogue, immigrés illégaux, communautarismes …). Ces dernières années, la plupart des politiques sont des trompes l’œil, beaucoup d’annonces, peu de réalisations, peu de changements comme avec la SNCF ou les syndicats sont en train de renégocier un nouveau statut très avantageux ou l’essentiel de l’ancien statut sera préservé.
Le citoyen doit être très attentif aux résultats et se méfier de l’habileté des politiques qui arrivent à masquer leurs échecs comme le joueur de bonneteau fait disparaître l’information cherchée, aider par l'administration aux ordres qui vous produisent d’astucieuses présentations qui masquent, habillent au mieux les réalités. Heureusement, il existe de nombreuses statistiques internationales en Open data, qui permettent de contourner toutes les désinformations bien orchestrées par les pouvoirs publics et bien relayés par de nombreux organes de presse complices.
Enfin, les réseaux sociaux tant décriés sont un moyen d’action pour le citoyen de base, qui peut en relayant des informations qu’il aura vérifiées, aider ses relations à mieux situer les réalités, mieux prendre conscience des vrais problèmes et ne pas se contenter des explications manipulées du type tous les problèmes viennent du réchauffement climatique, à part cela circulez il n’y a rien à voir.
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