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Cognos prend le virage du décisionnel financier


Rédigé par le 20 Décembre 2004

Retour sur l’histoire déjà longue de l’éditeur Cognos. Des outils de développement au Corporate Performance Management, en passant par la Business Intelligence. Comment Cognos négocie-t-il ses changements de cap ?



Il y a 15 ans, Cognos était un éditeur d’outils de développement. Il faisait partie du carré magique des éditeurs des fameux « L4G ». Puis les dirigeants de l’entreprise ont perçu, bien avant certains autres, que le marché des outils de développement risquait d’être profondément modifié. L’arrivée de Microsoft sur ce marché, la généralisation des progiciels au détriment des applications spécifiques… Cognos a alors choisi de s’orienter vers un nouveau domaine, alors encore en devenir, celui du décisionnel. Impromptu, le requêteur, a été développé et commercialisé, puis Powerplay, l’outil d’analyse… Ses nouveaux concurrents se sont appelés Business Objects, SAS, Oracle… et d’autres dont tout le monde a certainement oublié les noms comme Andyne par exemple. Aujourd’hui numéro 2 mondial des outils de business intelligence, juste derrière le tandem Business Objects – Crystal Decisions, Cognos voit de nouveau arriver le géant Microsoft sur son marché. La culture de l’entreprise Cognos n’est pas de tenter l’affrontement avec de tels géants, mais plutôt de savoir s’adapter afin de se trouver le bon segment de marché, sur lequel l’entreprise pourra se développer pendant plusieurs années. Cognos est une entreprise agile, adaptable, qui préfère évoluer que de tenter le choc des titans.
C’est cette réflexion qui a certainement conduit l’entreprise à chercher un nouveau positionnement. Elle semble l’avoir trouvé dans le domaine de la finance. Les applications financières de reporting, de consolidation, de planification, de contrôle budgétaire… sont indispensables au fonctionnement de toute entreprise. Et les fournisseurs présents sur ce marché sont encore peu nombreux : Hyperion principalement, SAS pour quelques modules, les éditeurs d’ERP, et quelques nouveaux entrants comme Outlooksoft. Un marché très émietté sur lequel Cognos a commencé à se structurer. Première étape timide, le lancement il y a quelques années de Cognos Finance, un produit « d’essai » qui n’a pas convaincu le marché, mais a permis à Cognos d’avancer ses premiers pions. Le rachat de Adaytum pour l’élaboration budgétaire, puis de Frango pour le reporting et la consolidation, sont les premières pierres solides de cette nouvelle stratégie.

Des nouvelles versions concrétisent cette stratégie

Cette évolution commence d’ailleurs à se concrétiser, et Cognos a annoncé mi-décembre l’évolution d’un certain nombre de ses produits. La version 3 de Cognos Planning Series 7 n’est pas une révolution. Mais elle poursuit la route de l’éditeur vers les entreprises qui remettent en question leur processus budgétaire. Il y a une dizaine d’années, l’unité de temps en matière budgétaire était l’année. Le budget d’une année était construit sur le dernier trimestre de l’année précédente, puis affiné au fur et à mesure des mois, pour être finalisé au mieux au premier trimestre de l’année en cours, puis révisé plusieurs fois dans l’année. L’accélération de l’économie, les événements conjoncturels imprévisibles (attentats, hausse des prix des matières premières, événements politiques…) ont finalement eu raison de ce processus pluriannuel. Le budget devient « roulant », ou « glissant ». Inutile de prévoir ce qui pourrait se passer dans dix-huit mois, on n’en sait rien ! En revanche, prévoyons avec détails et précisions les deux prochains trimestres, et chaque trimestre terminé permettra d’en aborder un nouveau. Cognos Planning est adapté à ce mode de prévisions glissantes d’une période sur l’autre. On peut ainsi par exemple travailler simultanément sur trois périodes : la période en cours pour comparer au quotidien résultats et prévisions, les deux périodes à venir pour les prévisions. Cette évolution du processus de gestion des entreprises est confirmé par Paul Hamerman, vice-président du cabinet d’analyse Forrester, qui explique que « en 2005, de plus en plus de sociétés, particulièrement dans les domaines des biens de consommation et des technologies, vont abandonner leur processus budgétaire traditionnel pour mettre en place des systèmes plus agiles de planification glissante couplés à des outils de mesure de la performance ».

Planifier, puis contrôler

C’est en effet ce second volet de la mesure de la performance qui compose à la fois le quotidien du dirigeant d’entreprise et la stratégie de Cognos. Planifier est une chose, tenir les engagements pris en est une autre, et mesurer la performance de chaque entité de l’entreprise est l’objectif ultime. Qu’il s’appelle BPM chez Hyperion ou CPM chez Cognos, qu’il s’agisse de mesurer le « business » ou le « corporate », c’est bien du même concept qu’il s’agit. Un concept encore un peu lointain pour la plupart des directeurs financiers. C’est un peu comme une belle voiture dont on rêve... La mesure de la performance est un objectif, mais au quotidien, tout le monde doit encore planifier, comparer, justifier les écarts, faire remonter le reporting… L’outil de la gamme Cognos en charge de cette restitution et de l’analyse correspondante est maintenant appelé Cognos Controller 2.3. C’est le premier produit issu du rachat de l’éditeur Frango. Une de ses missions est de permettre à l’entreprise de se mettre en conformité avec les nouvelles règlementations, Sarbanes-Oxley aux Etats-Unis, IFRS en Europe. Cette nouvelle version est annoncée comme fonctionnant en osmose avec Cognos Planning.

Eduquer le marché pour se faire mieux comprendre

Il y a quelques années, Cognos avait tenté d’éduquer le marché du décisionnel, en expliquant que le fonctionnement de toute entreprise pouvait être modélisé, et que l’utilisation de ce modèle permettait ensuite de changer des hypothèses, réaliser des simulations, et mieux anticiper le futur. L’éditeur avait alors développé un programme baptisé les « 24 ways », s’appuyant sur une université créée pour l’occasion, et qui basait le fonctionnement de l’entreprise sur 24 cubes multidimensionnels. On était alors proche d’une forme de balanced scorecard. Cette initiative n’avait alors pas connu le succès qu’elle aurait mérité, trop complexe sans doute, et très ambitieuse.
Suivant la même idée, celle de la simplification de l’accès à ses outils, Cognos vient d’annoncer la disponibilité de ce que l’on pourrait qualifier de « modèles » ou « d’assistants », permettant à l’entreprise qui les utilise de parvenir plus rapidement à ses premiers résultats. Chacun de ces assistants est composé d’un modèle de données, de processus, de règles, et d’une documentation. Ils sont fournis gratuitement aux clients Cognos.
Cinq modèles seront disponibles dès le mois de janvier : Plan financier stratégique, Prévision des ventes, Prévision et contrôle des coûts, Prévision de consommation du cash-flow, et Planification des dépenses de personnel.

L’éditeur d’outils de développement des années 80 a déjà négocié un premier virage, celui de la business intelligence. Il en aborde un deuxième, celui de la gestion financière. Les premières acquisitions et les retours clients sont pour le moment très positifs. Les entreprises rachetées semblent reconnues pour la qualité de leurs produits. Cognos va devoir montrer sa capacité d’intégration. Cette stratégie fait donc changer l’éditeur de « case ». De celle d’outil technique de business intelligence, il se dirige vers celle déjà occupée par Hyperion, Cartesis, Outlooksoft, SAP, Cegid… pour n’en citer que quelques uns, internationaux ou nationaux.
Seul revers de cette stratégie, Cognos ne se laisse peut-être pas le temps à chaque fois de tenter de devenir le leader incontesté de son domaine. Y parviendra-t-il aujourd’hui dans le domaine financier ? Et parviendra-t-il à conserver sa position dans le domaine du décisionnel tout en se développant dans la finance ?




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