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SAP et Oracle : histoires d’acquisitions


Rédigé par le 18 Mars 2007

A quelques jours d’intervalle deux acquisitions ont été annoncées dans le décisionnel, celle de Hyperion par Oracle et celle de Pilot Software par SAP. Deux acquisitions très différentes où l’on peut lire en filigrane différences de culture et de stratégie. Oracle met plus de 3 milliards de dollars sur la table et SAP annonce une petite acquisition dont le montant n’est pas dévoilé.



La différence de chiffres est considérable ! D’un côté plus de 3 milliards de dollars proposés par Oracle pour s’assurer le rachat de Hyperion, et de l’autre un montant « non dévoilé » pour l’acquisition de Pilot Software par SAP.
Pourtant ces deux opérations de croissance externe sont comparables sur bien des points. Tout d’abord par le profil des acquéreurs : directement concurrents sur le marché des applications de gestion d’entreprises, SAP et Oracle se livrent une concurrence acharnée, le second tentant de dépasser le leader pluriannuel de ce domaine. Similitude également dans le métier de la cible : Hyperion tout comme Pilot Software sont sur un métier proche, celui des applications décisionnelles que l’on peut regrouper sous la dénomination de « gestion de la performance ». Similitude enfin car Hyperion tout comme Pilot Software sont des éditeurs « historiques ».
L’histoire de Pilot Software se confond avec celle du décisionnel. Pilot Software était au milieu des années 90 un des rares éditeurs d’outils d’aide à la décision (EIS) présents en France ; la filiale était alors dirigée par Christophe Dumoulin, aujourd’hui associé chez Business & Décision. Quant à Hyperion, son histoire remonte à vingt ans, le produit s’appelait alors Microcontrol et la société IMRS ; le logiciel était distribué par Concept ; puis la filiale française a été créée, si ma mémoire ne me fait pas défaut par Sébastien Marotte, Eric Guigné et Philippe Bruny.

Mais la comparaison s’arrête là. La réussite des deux sociétés est bien différente. Hyperion est parvenu à devenir un leader mondial de la gestion de la performance, équipant les principaux groupes en reporting de gestion et en consolidation. Pilot Software a connu diverses péripéties, dont la reprise en 2002 par de nouveaux actionnaires, suivi du repositionnement stratégique de l’entreprise qui n’a jamais vraiment redécollé depuis, se concentrant sur des applications décisionnelles métier.

Oracle choisit donc comme il l’a déjà fait avec les acquisitions de Peoplesoft et de Siebel, de racheter le leader, quitte à y mettre le prix. Un rachat qui lui permet de prendre pied rapidement sur le marché de l’optimisation de la performance et de récupérer une base de clients « captifs » et générateurs de revenus de maintenance.
La stratégie de SAP est opposée : en dépensant peu… (La formule « pour un montant non dévoilé » cache souvent la fierté de l’acquéreur de ne pas avoir largement ouvert les cordons de sa bourse), l’éditeur déjà numéro 1 mondial des progiciels de gestion complète son portefeuille par l’acquisition de technologies. Le fait que PilotWorks, l’application phare de Pilot Software n’ait que 150 clients ne représente pas un frein. Pour SAP, la stratégie passe en priorité par sa base installée. Les technologies acquises seront adaptées à l’infrastructure SAP puis proposées aux clients de l’éditeur.
Des clients qui pourraient à terme se trouver d’ailleurs face à un choix cornélien. Chacun des grands éditeurs privilégiant ses applications « maison », il faudra faire un choix entre « le monde » SAP et « le monde » Oracle. Or les clients communs SAP / Hyperion sont nombreux. Et même si Oracle assurera le suivi des applications actuelles Hyperion pendant de nombreuses années, les deux environnements seront certainement rapprochés sur le plan technique. Chaque éditeur tentera de vendre un maximum de modules à ses clients ; des projets de migration en perspective…




Commentaires

1.Posté par Stan de Pompignan le 19/03/2007 11:38
Si effectivement PilotSoftware n’a pas redécollé et même quasiment, mais pas complètement, disparu marché français (distribué par inethu et intégré notamment par BT), c’est principalement du à ses mésaventures capitalistiques (3 rachats jusqu’à la reprise par le management il y a 5 ans). Pour autant Pilot n’a jamais dérogé à sa tradition d’innovation technologiques, de1987 date à laquelle le premier Balanced Scorecard est mise en œuvre avec Pilot http://www.schneiderman.com/Concepts/The_First_Balanced_Scorecard/BSC_INTRO_AND_CONTENTS.htm
à aujourd’hui ou Pilot à une réelle avance sur les capacités d’alignement de l’exécution et de la stratégie, et de collaboration. Ces fonctionnalités devenant indispensables à l’engagement organisationnel des collaborateurs (à qui on demande de plus en plus d’être des collabor-acteurs) elles sont considérées comme stratégiques. C’est probablement aussi pour cette raison que SAP à choisit de racheter Pilot et pas un autre. Dans son communiqué SAP positionne clairement Pilot comme un outil destiné au C-levels executives : http://www.sap.com/company/press/press.epx?pressid=7334.

2.Posté par Prat le 05/04/2007 14:34
Stan,

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