« L’interopérabilité des données est encore aujourd’hui un impensé pour les entreprises. Elle a pourtant des conséquences très concrètes : perte de temps et de productivité, situation de dépendance numérique et dépenses supplémentaires liés à des retards ou l’appel à des services externes. Cette incompatibilité ne se limite pas à un simple aspect technique, bien au contraire : ce sont principalement les fonctions de management, décisionnaires et de support qui sont les plus impactées. C’est le principal enseignement de cette étude, qui nous a permis de prioriser des pistes d’action et de sensibilisation à mener auprès des entreprises de la branche, » explique Jean-Guy DUBA, membre OPIIEC et référent de cette étude.
L'interopérabilité, un enjeu stratégique pour près de la moitié entreprises interrogées
Si les applications, plateformes ou logiciels métiers permettent de répondre aux besoins spécifiques de certaines professions, leur multiplication et leur hétérogénéité impactent directement le fonctionnement des entreprises.
40 % d’entre elles rencontrent des difficultés d’incompatibilité au sein de leur structure, conséquence de leur fonctionnement « en silo » qui empêchent la communication entre logiciels. 38 % estiment également que la communication entre leurs systèmes et ceux de leurs clients est difficile.
Face à ces difficultés, l’interopérabilité des données est une solution efficace à trois enjeux principaux :
Enjeux techniques, afin de permettre une communication compréhensible et fluide des données, sans l’intervention d’un tiers pour les traduire ou les transmettre.
Enjeux économiques, pour limiter les erreurs, les retards, les pertes de données, les travaux improductifs comme des ressaisies manuelles.
Enjeux de dépendance numérique, pour s’extraire des langages imposés par les fournisseurs et offrir aux entreprises le choix de changer de solution numérique en cas d’insatisfaction.
Aujourd’hui, ce sont les entreprises du numérique qui se saisissent le mieux de ces enjeux, car elles y sont plus exposées et bénéficient de compétences disponibles en interne. Elles représentent 57 % des offres sur l’interopérabilité. Les entreprises de l’ingénierie sont quant à elle plus en difficulté, face à des besoins croissants et une inadéquation de moyens.
Un enjeu de compétences qui dépasse les métiers de l'IT
Si les compétences techniques nécessaires existent en réalité déjà, l’acculturation aux problématiques liées à l’interopérabilité semble manquer dans les formations des métiers techniques, mais également des métiers fonctionnels :
Pour les métiers de l’IT, l’enjeu réside dans le passage à un modèle où l’on « répare » l’hétérogénéité à celui où l’on architecture la collaboration entre les logiciels.
Pour les fonctions support et décisionnaires, les enjeux sont plus divers : pilotage de projet d’interopérabilité, coordination d’équipes hétérogènes, connaissance sémantique, maîtrise du cadre juridique sur le numérique…
En comparaison à d’autres besoins en compétences liés à la transition numérique, à l’intelligence artificielle ou à la cybersécurité, l’interopérabilité n’est que très peu intégrée aux parcours de formation. Sur 110 certificationsinscrites au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) et au Répertoire spécifique (RS) intégrant l’interopérabilité, seules 27 % intègrent des compétences ou activités en lien avec ce sujet de manière centrale.
Pourtant, les entreprises ont de réels enjeux sur ces compétences : « On a besoin de personnes qui ont des profils multi points de vue. Les écoles segmentent énormément la formation, ce qui pose un vrai problème pour trouver des profils complets pouvant adresser la problématique d’interopérabilité », explique un ingénieur aéronautique et professeur universitaire en interopérabilité.
L’interopérabilité, un allier de l’Intelligence Artificielle ?
L’interopérabilité peut également accompagner les usages de l’IA dans les entreprises. En effet, elle permet d’assainir le contenu utilisé par l’IA en limitant les données erronées, et d’offrir un champ élargi de ressources pour entrainer les modèles génératifs.
L’IA peut également jouer un rôle pour favoriser l’interopérabilité (harmoniser le langage, réduire le coût d’intégration, le temps d’adaptation), mais il est important de ne pas surestimer son rôle car elle peut introduire des biais difficiles à détecter et se substituer aux normes, ce qui met en danger la fiabilité des systèmes.
Quatre leviers d'action pour accompagner l’acculturation et la formation de la branche
Pour pallier aux besoins des entreprises, l’OPIIEC identifie 4 actions prioritaires à déployer :
- Mettre en visibilité les formations continues intégrant l’interopérabilité et les dispositifs de sensibilisation sur l’acculturation numérique. Des outils existent déjà, l’objectif est de les valoriser et d’inciter les professionnels de la branche à les consulter.
- Sensibiliser les utilisateurs et les fonctions décisionnaires aux bénéfices de l’interopérabilité, à travers un MOOC. L’objectif est de faire prendre conscience aux acteurs des conséquences économiques et organisationnelles de l’absence d’interopérabilité.
- Encourager des travaux collectifs entre professionnels et capitaliser sur l’existant (conférence, communautés, …).
- Réaliser un guide pratique de vulgarisation juridique sur les évolutions réglementaires récentes (Data Act, Interoperable Europe Act, …) et leurs conséquences, selon les différentes activités des entreprises.
L'interopérabilité, un enjeu stratégique pour près de la moitié entreprises interrogées
Si les applications, plateformes ou logiciels métiers permettent de répondre aux besoins spécifiques de certaines professions, leur multiplication et leur hétérogénéité impactent directement le fonctionnement des entreprises.
40 % d’entre elles rencontrent des difficultés d’incompatibilité au sein de leur structure, conséquence de leur fonctionnement « en silo » qui empêchent la communication entre logiciels. 38 % estiment également que la communication entre leurs systèmes et ceux de leurs clients est difficile.
Face à ces difficultés, l’interopérabilité des données est une solution efficace à trois enjeux principaux :
Enjeux techniques, afin de permettre une communication compréhensible et fluide des données, sans l’intervention d’un tiers pour les traduire ou les transmettre.
Enjeux économiques, pour limiter les erreurs, les retards, les pertes de données, les travaux improductifs comme des ressaisies manuelles.
Enjeux de dépendance numérique, pour s’extraire des langages imposés par les fournisseurs et offrir aux entreprises le choix de changer de solution numérique en cas d’insatisfaction.
Aujourd’hui, ce sont les entreprises du numérique qui se saisissent le mieux de ces enjeux, car elles y sont plus exposées et bénéficient de compétences disponibles en interne. Elles représentent 57 % des offres sur l’interopérabilité. Les entreprises de l’ingénierie sont quant à elle plus en difficulté, face à des besoins croissants et une inadéquation de moyens.
Un enjeu de compétences qui dépasse les métiers de l'IT
Si les compétences techniques nécessaires existent en réalité déjà, l’acculturation aux problématiques liées à l’interopérabilité semble manquer dans les formations des métiers techniques, mais également des métiers fonctionnels :
Pour les métiers de l’IT, l’enjeu réside dans le passage à un modèle où l’on « répare » l’hétérogénéité à celui où l’on architecture la collaboration entre les logiciels.
Pour les fonctions support et décisionnaires, les enjeux sont plus divers : pilotage de projet d’interopérabilité, coordination d’équipes hétérogènes, connaissance sémantique, maîtrise du cadre juridique sur le numérique…
En comparaison à d’autres besoins en compétences liés à la transition numérique, à l’intelligence artificielle ou à la cybersécurité, l’interopérabilité n’est que très peu intégrée aux parcours de formation. Sur 110 certificationsinscrites au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) et au Répertoire spécifique (RS) intégrant l’interopérabilité, seules 27 % intègrent des compétences ou activités en lien avec ce sujet de manière centrale.
Pourtant, les entreprises ont de réels enjeux sur ces compétences : « On a besoin de personnes qui ont des profils multi points de vue. Les écoles segmentent énormément la formation, ce qui pose un vrai problème pour trouver des profils complets pouvant adresser la problématique d’interopérabilité », explique un ingénieur aéronautique et professeur universitaire en interopérabilité.
L’interopérabilité, un allier de l’Intelligence Artificielle ?
L’interopérabilité peut également accompagner les usages de l’IA dans les entreprises. En effet, elle permet d’assainir le contenu utilisé par l’IA en limitant les données erronées, et d’offrir un champ élargi de ressources pour entrainer les modèles génératifs.
L’IA peut également jouer un rôle pour favoriser l’interopérabilité (harmoniser le langage, réduire le coût d’intégration, le temps d’adaptation), mais il est important de ne pas surestimer son rôle car elle peut introduire des biais difficiles à détecter et se substituer aux normes, ce qui met en danger la fiabilité des systèmes.
Quatre leviers d'action pour accompagner l’acculturation et la formation de la branche
Pour pallier aux besoins des entreprises, l’OPIIEC identifie 4 actions prioritaires à déployer :
- Mettre en visibilité les formations continues intégrant l’interopérabilité et les dispositifs de sensibilisation sur l’acculturation numérique. Des outils existent déjà, l’objectif est de les valoriser et d’inciter les professionnels de la branche à les consulter.
- Sensibiliser les utilisateurs et les fonctions décisionnaires aux bénéfices de l’interopérabilité, à travers un MOOC. L’objectif est de faire prendre conscience aux acteurs des conséquences économiques et organisationnelles de l’absence d’interopérabilité.
- Encourager des travaux collectifs entre professionnels et capitaliser sur l’existant (conférence, communautés, …).
- Réaliser un guide pratique de vulgarisation juridique sur les évolutions réglementaires récentes (Data Act, Interoperable Europe Act, …) et leurs conséquences, selon les différentes activités des entreprises.





