Dans son livre « La globalisation : introduction au nouvel environnement économique », Michel-Henry Bouchet définit les caractéristiques de la globalisation : intégration des économies dans le monde entier via le marché qui pousse à l’efficience et à la division du travail du fait de la concurrence ; intégration des marchés de biens, services et capitaux conséquence de l’élimination des obstacles au commerce et à l’investissement ; intégration mondiale des marchés, diffusion planétaire de l’économie de marché ; monétisation de tout, « tout à un prix », le marché s’étend à tous les domaines. (le temps, l’art, les organes humains, la livraison d’une matière dans trois mois, la volatilité financière, le droit polluer, un voyage dans le cosmos, le dépaysement, la différenciation, etc. se voient désormais attribuer une valeur marchande) ; « mercantilisation » du monde, hégémonie mondiale du capitalisme, le code de valeurs repose sur la propriété, l’accumulation du profit et la dynamique du pouvoir.
De plus il distingue 6 moteurs de la globalisation : la dynamique technologique et son incidence sur la productivité ; la dynamique de la concurrence et son incidence sur l’accumulation de capitaux ; la dynamique des flux supérieure à celle des stocks ; la dynamique de l’évaluation permanente de la performance ; la dynamique de la convergence des politiques économiques ; la dynamique financière de plus en plus autonome et découplée de la sphère économique.
Pour lui la globalisation se caractérise par la diffusion des contraintes et des incitations de l’économie marchande, fondée sur la concurrence et le profit. Elle entraîne une intégration croissante des économies nationales et se traduit par une intensification des flux transfrontaliers, commerciaux et financiers, mais aussi culturels. Avec la croissance des échanges se diffusent les gènes de l’économie de marché : la globalisation a donc une incidence majeure sur les valeurs et sur les référents.
Il distingue la mondialisation et la globalisation qui recouvrent deux phénomènes différents, même si le premier porte en lui les germes du second. La mondialisation est un processus historique de diffusion spatiale de l’information à travers les frontières nationales, fruit de l’ouverture des mentalités, du progrès technique et des échanges culturels et économiques. La globalisation, elle, est un processus économique et géopolitique orienté par la dialectique des rapports de forces dans le cadre du marché. Elle marque la suprématie du système capitaliste, fondée sur la concurrence et le profit. Enfin, si la culture et les valeurs qui sous-tendent le processus de mondialisation sont le besoin et le désir d’échange, celles de la globalisation sont essentiellement matérialistes : son code de valeurs repose sur la propriété, l’accumulation du profit et la dynamique du pouvoir, mais aussi sur l’interdépendance.
Enfin il met en lumière 4 approches de la globalisation : intégration graduelle des économies nationales dans un système global structuré, sous la prédominance croissante de la sphère financière ; un seuil critique franchi récemment par l’économie mondiale à la suite de changement majeur dans l’ordre géopolitique et technologique ; une succession de « cycles de globalisation » ; le produit d’une illusion dans la mesure où le système économique mondial est encore loin d’une intégration totale.
Pour aller plus loin vous pouvez utilement consulter le lien suivant : globalisation
Rédigé par Michel Bruley le Jeudi 21 Juin 2018 à 10:26
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