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La seule chose qui ne changera jamais est que tout change toujours tout le temps.
Extrait du Yi Jing

Les périodes de changement sont des moments critiques qui peuvent se compliquer en poussées, en bouffées, en agitations, en troubles, en tension conflictuelle, en situation de déséquilibre, de rupture, avec souvent des manifestations violentes, débouchant sur des mutations brutales. De ce fait les périodes de changement sont vues négativement même si en fin de processus elles peuvent se révéler bénéfiques.

Dans une vision orientale, chance et malchance, positif et négatif sont toujours imbriqués. La conception chinoise du yin et du yang voit le monde comme une réalité en transformation perpétuelle sous l’action de deux forces opposées, combinatoires et complémentaires. Dans ce cadre l’opportunité est consubstantielle de la crise.

Nul ne sait ce qui est bien, nul ne sait ce qui est mal ! Le vieil homme à la frontière a perdu son cheval, mais qui sait si c’est un malheur ? Un pauvre vieillard vivait avec son fils aux abords de la frontière. Un jour son cheval se sauve chez les barbares. Aux voisins qui viennent le consoler, il répond : « Perdre un cheval pourrait être une mauvaise chose, mais cela peut se retourner en une bonne chose. Qui peut le dire ? » Quelque temps plus tard, le cheval perdu revient avec un troupeau de chevaux sauvages. Aux voisins qui viennent cette fois le féliciter, le vieillard dit de nouveau : « C’est peut être du bonheur, mais peut être pas ... ». Et voilà que son fils se fracture la jambe en tentant de dompter un des chevaux sauvages. « Quel grand malheur pour votre fils ! » disent les voisins, auxquels le vieil homme répète : « Oui c’est un malheur, mais, qui sait, peut-être pas ... ». Quelques mois plus tard, la guerre éclate et tous les jeunes hommes sont mobilisés ... sauf son fils handicapé !

Selon les enseignements du Bouddha, le monde est impermanent. Rien ne dure éternellement. Nos joies et nos peines, notre vie, le jour, la nuit… Tout, absolument tout, même si ce n'est pas apparent tout de suite, à un début et une fin. Regardons notre corps… Chaque seconde nous changeons sans peut-être même nous en apercevoir. Mais sur une période de trente ans, cela est plus apparent. Par contre, notre conscience, bien malgré nous, souvent, refuse de voir les choses de cette manière. Ainsi, s'attacher aux phénomènes et aux objets est une cause de souffrances puisque nous croyons (ou plutôt refusons de voir) qu'ils vont se détruire : d'où l'origine de notre souffrance.

Comme le dit le sage : "Toutes ces joies, toutes ces peines sont comme de continuels dessins sur l'eau. Pourquoi courir après elles ? S'il vous faut absolument penser à quelque chose, examinez de quelle manière tout ce qui est réuni se disperse et tout ce qui est accompli se défait".

Comme le Bouddha l'a dit : "De toutes les empreintes de pas, celles de l'éléphant sont les plus larges ; de toutes les réflexions, la plus importante est celle qui porte sur l'impermanence." La compréhension de l'impermanence est d'autant plus cruciale qu'elle est la clé permettant d'accéder à la vérité absolue : la vacuité, c'est à dire l'absence de réalité des phénomènes. Mais cette vérité ne peut être réellement appréhendée que par les êtres totalement accomplis. Finalement, les 2 vérités, relative et absolue, sont comprises comme étant indissociables au sein de l'unité de l'apparence et de la vacuité.

En réalité, quand on comprend l’impermanence, on est déjà en train de comprendre le non-attachement qui, lui, est la clé de la libération de la souffrance. Car, lorsqu’on s’attache à quelque chose, c’est qu’on croit que cette chose est bonne et sera toujours bonne et nous apportera durablement le bonheur. Quand on comprend, en profondeur, qu’il y a l’impermanence, d’une part, on sait que cette chose ne sera pas toujours bonne, et d’autre part, même si on s’y attache, on sait que le bonheur passera. Donc, comprendre l’impermanence, c’est lâcher l’attachement. Lâcher l’attachement, c’est lâcher la cause de la souffrance. On est déjà en train d’éradiquer le problème de base. La profonde compréhension de l’impermanence est une clé.

Enfin, il convient de suivre la recommandation de Winston Churchill : « Mieux vaut prendre le changement par la main, avant qu’il ne vous prenne par la gorge ».




Rédigé par Michel Bruley le Samedi 21 Juillet 2018 à 09:19 | Permalien | Commentaires {0}


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