L’analyse est un processus structuré de construction, traitement et production d’informations. L’information, est à la fois matière première et produit généré. La pertinence de l’analyse dépend en partie de la qualité et parfois de la quantité des informations prisent en compte. Mais par-dessus tout l’analyse nécessite une sérieuse dose de rigueur (démarche méthodique). Cependant il ne faut pas tomber dans un excès de rigueur, dans des analyses trop pointillistes interdisant une vue d’ensemble et amenant à ne pouvoir conclure, ou qu’avec des propositions précises mais très limitées, en refusant celles qui seraient globale mais imparfaitement vraies.
L’analyste ne doit pas se laisser submerger de données multiples, disparates, contradictoires parfois, et savoir identifier les informations cruciales, synthétiques, bien construites et suffisamment fiables. Cependant il faut avoir conscience que les données chiffrées et plus encore monétaires, même lorsqu’elles sont fausses avec précision - exemple comptabilité analytique avec critères de répartition obsolètes -, tendent à s’imposer aux données qualitatives, qui pourraient n’être qu’approximativement exactes. Les informations complètes, fines, certaines et rétrospectives sont généralement plus valorisées, que des informations partielles, agrégées, incertaines, tournées vers le futur.
Suivant leur (dé)formation d’origine, les analystes ont tendance à accorder trop de poids à certains facteurs. Les économistes privilégient les variables d’environnement au détriment de celles d’organisation ou de gestion. Les responsables des ressources humaines voient très systématiquement dans les jeux des acteurs, les blocages internes ou les qualifications des individus, les causes fondamentales des difficultés. Enfin les financiers cèdent régulièrement aux délices de l’analyse des flux de fonds, du bilan et du compte de résultat, pour y rechercher des déséquilibres qui ne font que traduire des dysfonctionnements stratégiques, organisationnels ou de gestion. Cependant, l’un des défis majeurs pour les analystes consiste à éviter les écueils dans les raisonnements : multiplication des perceptions, parcellisation des perceptions, éparpillement analytique, diversion-distraction et approfondissement du faux problème.
S’il doit se méfier de lui-même, l’analyste doit faire preuve de prudence à l’égard des personnes et des groupes avec lesquels il est en relation. L’analyste peut se laisser prendre en otage par une direction qui cherche plus à faire entériner son point de vue qu’à obtenir des conclusions neutres. L’analyse peut être un alibi, une caution morale pour légitimer certaines décisions douloureuses. La lucidité de l’analyste, son aptitude à découvrir les buts cachés éventuels assignés à son intervention, sont essentiels à la réussite de sa mission. D’un point de vue déontologique, les conclusions d’un analyste n’ont pas à être inféodées aux intérêts de celui qui les a demandées, mais se doivent de servir en priorité l’entreprise dans son ensemble. L’analyste peut être confronté à des processus de désinformation, soit en provenance des sources extérieures, soit même au sein de l’entreprise. Sans tomber dans la paranoïa, il convient donc que l’analyste garde sa lucidité et fasse des recoupements.
Enfin, probablement on pourrait appliquer aux analystes en général, la boutade qui dit : « Si vous voulez cinq avis sur un problème économique, faites discuter quatre économistes ».
Pour aller plus loin vous pouvez utilement consulter mes autres articles ci-dessous :
Méthode et stratégie de résolution de problème
Analyse de données, information et stratégie le modèle militaire
Décision, aide à la décision : un monde complexe
Au-delà de la décision, l’action
L’analyste ne doit pas se laisser submerger de données multiples, disparates, contradictoires parfois, et savoir identifier les informations cruciales, synthétiques, bien construites et suffisamment fiables. Cependant il faut avoir conscience que les données chiffrées et plus encore monétaires, même lorsqu’elles sont fausses avec précision - exemple comptabilité analytique avec critères de répartition obsolètes -, tendent à s’imposer aux données qualitatives, qui pourraient n’être qu’approximativement exactes. Les informations complètes, fines, certaines et rétrospectives sont généralement plus valorisées, que des informations partielles, agrégées, incertaines, tournées vers le futur.
Suivant leur (dé)formation d’origine, les analystes ont tendance à accorder trop de poids à certains facteurs. Les économistes privilégient les variables d’environnement au détriment de celles d’organisation ou de gestion. Les responsables des ressources humaines voient très systématiquement dans les jeux des acteurs, les blocages internes ou les qualifications des individus, les causes fondamentales des difficultés. Enfin les financiers cèdent régulièrement aux délices de l’analyse des flux de fonds, du bilan et du compte de résultat, pour y rechercher des déséquilibres qui ne font que traduire des dysfonctionnements stratégiques, organisationnels ou de gestion. Cependant, l’un des défis majeurs pour les analystes consiste à éviter les écueils dans les raisonnements : multiplication des perceptions, parcellisation des perceptions, éparpillement analytique, diversion-distraction et approfondissement du faux problème.
S’il doit se méfier de lui-même, l’analyste doit faire preuve de prudence à l’égard des personnes et des groupes avec lesquels il est en relation. L’analyste peut se laisser prendre en otage par une direction qui cherche plus à faire entériner son point de vue qu’à obtenir des conclusions neutres. L’analyse peut être un alibi, une caution morale pour légitimer certaines décisions douloureuses. La lucidité de l’analyste, son aptitude à découvrir les buts cachés éventuels assignés à son intervention, sont essentiels à la réussite de sa mission. D’un point de vue déontologique, les conclusions d’un analyste n’ont pas à être inféodées aux intérêts de celui qui les a demandées, mais se doivent de servir en priorité l’entreprise dans son ensemble. L’analyste peut être confronté à des processus de désinformation, soit en provenance des sources extérieures, soit même au sein de l’entreprise. Sans tomber dans la paranoïa, il convient donc que l’analyste garde sa lucidité et fasse des recoupements.
Enfin, probablement on pourrait appliquer aux analystes en général, la boutade qui dit : « Si vous voulez cinq avis sur un problème économique, faites discuter quatre économistes ».
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