Au commencement était le verbe. Et le verbe était Dieu. Et les français élevèrent une objection officielle. Le délégué fit état d’un accord antérieur donnant au Comité de Rédaction la responsabilité des questions grammaticales, et en conséquence il demandait la suppression du texte et son remplacement par : Chapitre 1 section 1.1 article 1.1.1 : « Dieu ». Et la Norvège vota « non ». Le domaine d’application de l’univers leur semblaient trop étendu, et ils demandaient des précisions avant de pouvoir voter « oui ». Les allemands voulaient au contraire que ce domaine d’application soit élargi, pour inclure les mots « et locaux analogues ». Les anglais annoncèrent qu’il mettaient en doute la faisabilité technique de l’Obscurité, ce qui conduit à une totale confusion dans les discussions. Puis il y eu un dîner et ce fut la fin du premier jour.
Le 2° jour, les japonais distribuèrent une nouvelle proposition intitulée « let there be right » (que justice soit faite). Cette proposition ne souleva aucune objection (le corps du document était rédigé en japonais), mais on s’aperçut ensuite qu’en réalité c’était « let there be light » (que la lumière soit). Et c’est ainsi que la lumière devint une caractéristique exigée.
Le 3° jour, les hollandais annoncèrent soudain qu’ils ne pouvaient pas accepter que la lumière soit exigée et insistèrent pour qu’il soit permis à lumière et obscurité de coexister. Un groupe de travail ad hoc fut constitué avec les experts disponibles pour examiner ce problème, ce qui interrompit les autre travaux faute de participants.
Au matin du 4° jour, le groupe ad hoc rendit ses conclusions, suivant lesquelles ce n’était pas possible en l’état actuel de la technologie. Une proposition italienne fut alors acceptée sans opposition (pendant que tous les autres étaient partis boire un café sur la passerelle), permettant à lumière et obscurité d’exister par périodes alternées. Cependant, il n’eut pas d’accord sur le nom de ces périodes. Pour finir, le compromis se fit pour appeler la période de lumière Type A : Interface Universelle Panchromatique (classe I). Pour la période d’obscurité, on adopta Type B : à l’étude.
Le 5° jour, il était prévu de discuter de la flore le matin et de la faune l’après-midi. Mais à l’heure du déjeuner, seules les algues « vert bleu » avaient été acceptées. Il fut décidé de confier le travail ultérieur sur les plantes au délégué finlandais, qui a identifié depuis 689 362 types distincts de champignons. Dans l’après-midi, les propositions concernant la faune furent examinées. 5 types furent définis, avec les appellations provisoires : « insectes », « poissons », « oiseaux des airs », « bêtes des champs » et « réalisations privées ». Trois options furent acceptées : « mâle », « femelle » et « neutre ». Le délégué anglais soutint que, pour la simplification de la norme, une seule option (la troisième) devrait être autorisée. Cette proposition fut rejetée après une discussion animée sur les « conditions particulières à certains pays ».
Le 6° jour, la matinée fut consacrée à la révision de l’ordre du jour, car plusieurs délégués désiraient partir à midi. L’après-midi, il y eu une bataille acharnée mais fructueuse sur le problème des langues. Finalement, un accord se réalisa pour que le texte de référence soit écrit en Araméen, puis traduit via le Grec et sous Word en Anglais et Français. Les deux textes peuvent différer, mais ils doivent utiliser la même numérotation et la même présentation.
Le Président annonça qu’il n’y aurait pas de réunion le 7° jour (faute de participants) et félicita les délégations pour le travail effectué. Il conclut par une vibrante plaidoirie pour une accélération foudroyante des procédures afin de réduire les délais de publication, qui, d’après le Bureau Central, seraient aujourd’hui d’environ 15 milliards d’années.
Rédigé par Michel Bruley le Lundi 29 Mai 2023 à 11:58
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